SCENE VIII. 125iS
on lui a jeté un sort. Ça n'est pas possible autrement.
(Elle aperçoit le sac qu'il a sous sa veste. ) TicUS , qu'cSt-CC qUe t'a&
là sous ta veste ?
THOMAS
C'est cent écus.
MARGOT
Cent écus ! Tu n'te trompes pas ? Ah ! mon Dieu ! mais c'est une fortune! Comment as-tu gagné ça? Dis donc mon homme , c'est légitime au moins ?
Allons , tout à l'heure j'étais un ivrogne , à présent elle me prend pour un voleur.
MARGOT
J'te d'mande pardon. C'est la joie , vois-tu. N'te fâche pas. Je n'sais c'que j'dis. Cent écus ! ça arrive comme mars en carême. Nous avons besoin de tant de choses ! D'abord j'veux deux couverts et un gobelet d'argent. La ravaudeuse d'ici dessus en a ben. Ensuite il me faut une robe blanche et un schall rouge. Quand avec ça tu m'auras donné une croix d'or et des bouclçs d'oreilles, moi je t'achèterai deux bonnes chemises. C'est une chose dont on manque toujours.
' THOMAS
Ta, ta, ta, ta, ta, comme t'arranges tout ça, toi !
MARGOT
Est-ce que je n'm'y entends pas ben ?
THOMAS
En attendant, j'veux un maçon.
-MARGOT
Pourquoi faire?
THOMAS
Pour faire un trou dans le plancher.
MARGOT
Un trou dans le plancher Regarde-moi donc,
mon homme; es^ce que t'es fou? A quoi ça rime-t-il ce que tu dis là ?
THOMAS
Ça rime , que j'veux cacher mon argent.
MARGOT
Ah ça , Thomas , tu perds la tête.
THOMAS
Je ne perds rien du tout, entendez-vous. C'est vous qui n'avez pas le sens commun d'vouloir dépenser en gloriole un argent qu'on m'a donné pour que j'sois riche.
MARGOT
Qu'on t'a donné pour qu'tu sois riche Monsieur Mondor sait ben qu't'es marié; ainsi, en te donnant c't argent-là, il te l'a donné pour nous deux.
THOMAS
Comme tu d'viens raisonneuse ! Tu m'parles comme tu ne m'as jamais parlé. Pourquoi qu'il n'y a pas d'serrure à c'te porte ? Pourquoi qu'il n'y a pas d'verroux? J'veux une serrure, j'veux des verroux.
MARGOT
Gny'en aura, n'te fâche pas. Jusqu'ici c'n'était pas ben nécessaire; la voisine gardait la chambre quand