‹ Proverbes dramatiques (volume 3)Chapitre 12 sur 249 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

la permission. '» Képondez. Je vous fais beau jeu, j'espèfe.

DDRMEUIL.

Je vous fais beau jeu, j'espère.

M. DE SOLÂN6ES , avec une impatience plus marqueté.

Eh non ! c'est moi qui vous 4is que je vous fais beau jeu: ce n'est pas dans le rôle. Allons donc, dites : « Monsieur , je ne vois pas que je sois si insouciant ; je vous Sisrs aussi bien que qui que ce soit. Si vous n'êtes pas content, je n'y sais que faire; » cela , ou toute autre chose , pourvu que vous entamiez une querelle.

DOBMEUIL.

Je ne pourrai jamais retenir toute cette tirade.

Ce n'est pas cela positivement qu'il faut dire. Trouvez l'équivalent.

DOBMEUIL.

J'entends bien ; mais on ne peut pas se monter la tête tout de suite comm<e cela. J'aurais .mieux àiiBé d'ailleurs que vous m'eussiez fait jouer un rôle de maître. Comment voulez-vous que je puisse parler comme un valet? Et puis, je ne suis pas en costume ; je n'ai qu'un chapeau rond à la main. Un chapeau à cornes aide beaucoup pour jovier la comédie. Quand je serai vjêtu ^'uuQ livrée, je serai plus à mon aise, et je suis sûr que j'irai très-bien. Mais déjà je me sens plus^ ancré dans mon rôle, et si nous recommencions , je crois que vous seriez étonné. '

M. DE VOLMÀ'K , Ji ]\1. «le Solanges.

Mon ami , un peu de complaisance. Moi , qui

24 LA MANIE J>£|^ PAOVEIIBES.

n'ai jamais joué la comédie, j'eiatends bien\se$ raisons.

M. I»S SOLANG£S.

Recommençons donc. Y étesrvou^ ?

DORMEUIL

Oui.

M. DE SOLAfïGES.

uFronfinlyy

VQRMMVll.

Vous m'avez dit de répondre avec humeur : ce Monsieur? » Est-ce bien?

m. DE SOLANGES, avec dërision.

Fort bien. (Reprenant le rôle.) ff J)onn€Z'moi mon chapeau. »

DORMEUIL

Est-ce à présent qu'il faut dire : a Je le cherche? »

M. DE SOLANGES , avec humeur,

Eh! oui.

DORMEUIL

« Je le cJierche, » (D'un air de saasfacuofl. ) Voycz-vous comme j'ai l'air de le chercher?

M. DE SOLANGES , continuant |e rôle.

« Pourquoi le cherchez-vous? Parce que vous rCaMez pas de soin , et que vous ne soyez jamais ce que vous faites. »

DORMEUIL

Ce n'est pas comme cela que vous aviez dit la première fois.

Quand on improvise, cela arrive souvent. Je ne me souviens plus de ce que j'avais dit ; mais c'est toujours }e piéme ^ens à peu près.

SŒNE II. tttt

DORMEUIL

C'est que cela me gène pour vous répondre à présent.

M. DE SOLAIfGES, avec ironie.

Eh bien y vous vous le rappellerez. J*en sais assez pour n'avoir plus besoin de vous esi$ayer^ et je puis vous assurer que vous êtes un excellent comédien.

DOBMEUIL.

Non. Il faut être de bonne foi , vous n*avez pas pu me juger.

M. DE SOLÂIÏGES , toujours avec ironie.

Pardonnezt-moi,

DORMEUIL

Je n'ai pas dit deux mots de suite,

M. DE SOLAïîGES , même toq.

Songe? donc que vous n'étiez pas en costume*

DORMïiUIL, avec conBance.

Cela fait beaucoup.

M, DE SOLÀI9GES.

Cela fait tout.

DORMEUIL

Vous croyez; donc que je ne serai pas très-mauvais ?

M. DE S0LÂI9GES.

Vous serez excellent.

DORMEUIL

Cet éloge me fait plus de plaisir de vous que de qui que ce soit. Je vous laisse , et vais rêver de mon côté pour voir si je ne pourrai pas inventer a,ussi quelque pièce.

( 11 sort. >

S6 LA UAIVIE DES PHOVËRBES.

SCÈIVE IJIL

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