SCENE II
la permission. '» Képondez. Je vous fais beau jeu, j'espèfe.
DDRMEUIL.
Je vous fais beau jeu, j'espère.
M. DE SOLÂN6ES , avec une impatience plus marqueté.
Eh non ! c'est moi qui vous 4is que je vous fais beau jeu: ce n'est pas dans le rôle. Allons donc, dites : « Monsieur , je ne vois pas que je sois si insouciant ; je vous Sisrs aussi bien que qui que ce soit. Si vous n'êtes pas content, je n'y sais que faire; » cela , ou toute autre chose , pourvu que vous entamiez une querelle.
DOBMEUIL.
Je ne pourrai jamais retenir toute cette tirade.
Ce n'est pas cela positivement qu'il faut dire. Trouvez l'équivalent.
DOBMEUIL.
J'entends bien ; mais on ne peut pas se monter la tête tout de suite comm<e cela. J'aurais .mieux àiiBé d'ailleurs que vous m'eussiez fait jouer un rôle de maître. Comment voulez-vous que je puisse parler comme un valet? Et puis, je ne suis pas en costume ; je n'ai qu'un chapeau rond à la main. Un chapeau à cornes aide beaucoup pour jovier la comédie. Quand je serai vjêtu ^'uuQ livrée, je serai plus à mon aise, et je suis sûr que j'irai très-bien. Mais déjà je me sens plus^ ancré dans mon rôle, et si nous recommencions , je crois que vous seriez étonné. '
M. DE VOLMÀ'K , Ji ]\1. «le Solanges.
Mon ami , un peu de complaisance. Moi , qui
24 LA MANIE J>£|^ PAOVEIIBES.
n'ai jamais joué la comédie, j'eiatends bien\se$ raisons.
M. I»S SOLANG£S.
Recommençons donc. Y étesrvou^ ?
DORMEUIL
Oui.
M. DE SOLAfïGES.
uFronfinlyy
VQRMMVll.
Vous m'avez dit de répondre avec humeur : ce Monsieur? » Est-ce bien?
m. DE SOLANGES, avec dërision.
Fort bien. (Reprenant le rôle.) ff J)onn€Z'moi mon chapeau. »
DORMEUIL
Est-ce à présent qu'il faut dire : a Je le cherche? »
M. DE SOLANGES , avec humeur,
Eh! oui.
DORMEUIL
« Je le cJierche, » (D'un air de saasfacuofl. ) Voycz-vous comme j'ai l'air de le chercher?
M. DE SOLANGES , continuant |e rôle.
« Pourquoi le cherchez-vous? Parce que vous rCaMez pas de soin , et que vous ne soyez jamais ce que vous faites. »
DORMEUIL
Ce n'est pas comme cela que vous aviez dit la première fois.
Quand on improvise, cela arrive souvent. Je ne me souviens plus de ce que j'avais dit ; mais c'est toujours }e piéme ^ens à peu près.
SŒNE II. tttt
DORMEUIL
C'est que cela me gène pour vous répondre à présent.
M. DE SOLAIfGES, avec ironie.
Eh bien y vous vous le rappellerez. J*en sais assez pour n'avoir plus besoin de vous esi$ayer^ et je puis vous assurer que vous êtes un excellent comédien.
DOBMEUIL.
Non. Il faut être de bonne foi , vous n*avez pas pu me juger.
M. DE SOLÂIÏGES , toujours avec ironie.
Pardonnezt-moi,
DORMEUIL
Je n'ai pas dit deux mots de suite,
M. DE SOLAïîGES , même toq.
Songe? donc que vous n'étiez pas en costume*
DORMïiUIL, avec conBance.
Cela fait beaucoup.
M, DE SOLÀI9GES.
Cela fait tout.
DORMEUIL
Vous croyez; donc que je ne serai pas très-mauvais ?
M. DE S0LÂI9GES.
Vous serez excellent.
DORMEUIL
Cet éloge me fait plus de plaisir de vous que de qui que ce soit. Je vous laisse , et vais rêver de mon côté pour voir si je ne pourrai pas inventer a,ussi quelque pièce.
( 11 sort. >
S6 LA UAIVIE DES PHOVËRBES.
SCÈIVE IJIL