SCÈNE II
maisons ne me fussent ouvertes si je voulais m'y adresser.
M. DQRVAL.
Je le crois.
EDMOND
Si j'ai choisi la vôtre, c'est qu'il me semble que cela était plus convenable, et qu'ayant des comptes à faire ensemble, je pourrais ne pas vous être à charge.
M. DORVAL
Je ne vous parle pas de cela.
EDMOND
J'aime vos enfans. L'isolement dans lequel vous les avez élevés rend nécessaire auprès d'eux un homme qui ait vu le monde , qui les instruise de ce qui s'y passe.... et...
M. DORVAL
Cet homme , c'est vous ?
EDMOND
Oui.
M. DORVAL
En vérité , mon frère , vous prenez trop de soins ; je vous eh dispense. Mes enfans sont tels que je veux qu'ils soient.
Amour-propre de père ! Vous les verrez dans quelque temps.
M. DORVAL
Encore une fois , mon frère , je vous prie de ne pas vous en mêler.
«tâO L'ESPRIT DE DESORDRE.
EDMOND
Auriez-vous de la méfiance?
M. DORVAL
Pourquoi me faire cette question ?
EDMOND
Que sais-je moi ? Il serait possible qu'il vous eût passé par la tête qu'ayant de la noblesse et du désintéressement, je pourrais gâter l'éducation de vos enfans, comme vous avez trouvé que j'avais gâté votre parc pour avoir fait couper cette grande charmille qui le déparaît.
M. DORVAL
Ne parlons plus de cette charmille. Je suis tellement étonné que vous ayez pris cela sur vous....
EDMOND
Je ne suis pas encore convaincu que j'aie mal feit.
M. DORVAL
Vous êtes au moins convaincu que je suis le maître
Voilà votre grande raison.
M. DORVAL
C'en est une au moins.
EDMOND
Mais cela ne prouve pas que vous ayee du goût. Votre habitation est charmante, je veux la rendre parfaite; laissez-moi faire.
M. DORVAL
Je ne veux pas vous laisser faire.
8CÈNE n. 2^1
EDMOND
Quel entêtement !
M. DPRVAL.
Finissons , je vous prie.
EDMOND
En vérité, mon frère, vous me parlez comme à un enfant.
M. DORVAL
Vous me parlez à moi comme à un homme qui mériterait d'être interdit.