‹ Proverbes dramatiques (volume 3)Chapitre 121 sur 249 · M. DORVAL, EDMOND · texte numérisé non relu

M. DORVAL, EDMOND

EDMOND

Mon ami, dis-moi donc ce que ta femme a contre moi. Je me tue à lui être agréable; rien ne me réussît. Encore cette fête d'hier....

M. DORVAL

Je voulais vous en parler.

EDMOND

Elle était jolie, n'est-ce pas? Et comme le secret a été gardé ! c'est ce qu'il y a de plus surprenant. Mais, avec de l'argent > on peut tout acheter, même la discrétion; aussi les mémoires s'en ressentirontils. J'ai été au moment de faire abattre la cloison qui sépare le salon de la grande salle à manger ; mais , ma foi, j'ai eu peur que cela ne fit trop de bruit, et que la surprise, à laquelle je tenais par-dessus tout, ne fut manquée. C'est dommage; il n'y aurait pas eu, à vingt lieues à la ronde, un aussi beau salon de danse; et, pouf jouer des Proverbes, c'eût été impayable.

M. DORVAL

Vous plaisantez sûrement, mon frère; et vous n'êtes pas si jeune que vous voulez le paraître.

EDMOND

Je suis bien jeune.

M. DORVAL

Ce que vous appelez une cloison est un gros mur dont la suppression pouvait faire écrouler la maison.

EDMOim.

Non , non.^ On arrange cela , et c'est plus solide.

M. DORVAL

Je vous prie, que cette fête soit la dernière.

EDMOND

Pourquoi cela? Est-ce qu'il y manquait quelque chose ?

M. DORVAL

Je vous parle sérieusement; cette dépense ne me convient pas.

^ EDMOND

La dépense ! Tu es un cruel homme avec ton économie! La vie est-elle donc éternelle, pour amasser sans cesse comme tu fais? Je n'ai jamais été aussi riche que toi, et je ne me suis jamais rien refiisé.

M. DORVAL

Il y paraît.

EDMOND

Que voulez-vous dire? Est-ce un reproche que vous voulez me faire? Croyez, mon frère, que si c'est un mérite de thésauriser, c'en est un aussi que de faire un noble usage de sa fortune.

M. DORVAL

Cependant, mon frère....

EDMOND

Je ne suis pas tellement sans ressource que vingt

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