‹ Proverbes dramatiques (volume 3)Chapitre 142 sur 249 · M. DORVAL, EDMOND · texte numérisé non relu

M. DORVAL, EDMOND

M. DORVAL

Mon cher Edmond, voulez- vous que nous causions ensemble?

Comment ! si je le veux ? je vous en prie.

M. 1X)RVAL.

La difFérepce d'âge qui existe entre nqus n'est pas assez grande pour que je puisse me permettre de vous faire des représentations.... et cependant....

EDMOND

Vous grillez de m'en faire;, sur ce chapitre, vous êtes inépuisable.

M. DORVAL

Si j'étais chiîz vous, et que }q vm permisse de mettre votre maison sens dessus dessous, pour vous donner des fêtes....

EDMOND

J'en serais charmé.

M. DORVAL

Si je disposais de vos domestiques, au point de ne pas et) laisser un seul à la maison ; si je faisais abattre , sans vjous en prévenir, des arbres que vous aimeriez; enfin, si je faisais tout ce que voiis faites ici , le trottvériez-vous boti ?

EDMOND

Sans douté, puisque je le £ais.

M. DORVAL

Réfléchissez à la différence qu'il y a entre nos caractères.

EDMOND

Dites plutôt cela. Alors vous mé seriez insupportable. Est-ce la conclusion que vous voulez tirer?

M, DORVAL

Encore, les reproches que je vous fais ne sont-ils que des vétilles , en comparaison de ceux que je pourrais vous faire. Depuis quinze jours que vous habitez avec nous » mes enfans sont méconnaissables.

EDMOND

Et VOUS vous en plaignez ?

M. DORVAL

Oui, mon frère, je m'en plains. Il ne tiendrait à rien que le mariage conclu entre monsieur de Blévaux et ma. fille ne se rompît, tant elle a été ridicule avec lui toute la matinée.

EDMOND

En quoi cela me regarde-t-il ?

Ma fille n'aurait pas trouvé seule toutes les folies qu'elle lui a débitées. Elle ne ve\it vivre que quatre mois à la campagne, et passer le r^te du temps à Paris ou à voyager; elle choisira sa société, afin de ne pas recevoir d'ennuyeux; que sais-je, enfin?

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