M. DORVAL, EDMOND
M. DORVAL
Mon cher Edmond, voulez- vous que nous causions ensemble?
Comment ! si je le veux ? je vous en prie.
M. 1X)RVAL.
La difFérepce d'âge qui existe entre nqus n'est pas assez grande pour que je puisse me permettre de vous faire des représentations.... et cependant....
EDMOND
Vous grillez de m'en faire;, sur ce chapitre, vous êtes inépuisable.
M. DORVAL
Si j'étais chiîz vous, et que }q vm permisse de mettre votre maison sens dessus dessous, pour vous donner des fêtes....
EDMOND
J'en serais charmé.
M. DORVAL
Si je disposais de vos domestiques, au point de ne pas et) laisser un seul à la maison ; si je faisais abattre , sans vjous en prévenir, des arbres que vous aimeriez; enfin, si je faisais tout ce que voiis faites ici , le trottvériez-vous boti ?
EDMOND
Sans douté, puisque je le £ais.
M. DORVAL
Réfléchissez à la différence qu'il y a entre nos caractères.
EDMOND
Dites plutôt cela. Alors vous mé seriez insupportable. Est-ce la conclusion que vous voulez tirer?
M, DORVAL
Encore, les reproches que je vous fais ne sont-ils que des vétilles , en comparaison de ceux que je pourrais vous faire. Depuis quinze jours que vous habitez avec nous » mes enfans sont méconnaissables.
EDMOND
Et VOUS vous en plaignez ?
M. DORVAL
Oui, mon frère, je m'en plains. Il ne tiendrait à rien que le mariage conclu entre monsieur de Blévaux et ma. fille ne se rompît, tant elle a été ridicule avec lui toute la matinée.
EDMOND
En quoi cela me regarde-t-il ?
Ma fille n'aurait pas trouvé seule toutes les folies qu'elle lui a débitées. Elle ne ve\it vivre que quatre mois à la campagne, et passer le r^te du temps à Paris ou à voyager; elle choisira sa société, afin de ne pas recevoir d'ennuyeux; que sais-je, enfin?