‹ Proverbes dramatiques (volume 3)Chapitre 143 sur 249 · SCENE XV · texte numérisé non relu

SCENE XV

EDMOND

£h bien , eh bien , vous trouvez cela ridicule ?

M. DORVIL.

Julien y de son côté, a peine à cacher l'impatience qu'il éprouve lorsque nous parlons de lui ouvrir une carrière. Si vous aviez des enfans, mon frère, je vous laisserais les diriger comme vous l'entendriez ; mais j'ai le droit de vous demander la même grâce pour moi.* •

EDMOND

Commençons, mon ami, par supprimer ce ton solennel qui ne convient pas à une conversation du genre de la nôtre. De quoi vous plaignez-vous ? De ce que vos enfans*ne sont plus des enfans , et qu'ils ont , des idées qui ne sont pas absolument les vôtres ? On ne voit que cela tous les jours. Agathe n'aime pas les ennuyeux, je le conçois; Julien n'a pas de goût pour le barreau, c'est tout naturel. Il me semble qu'ils n'ont pas besoin d'être sous une influence étrangère pour penser comme ils font.

M. DORVÀL.

Mais comme , avant que vous habitassiez' avec nous, ils n'avaient pas de ces idées-là...

Les idées viennent tous les jours.

M. DORVAL

Enfin , mon frère , si mes enfans ont des idées , je puis aussi en avoir.

EDMOND

Je vous y engage même.

â84 L'ESPRIT •1>JB MUWRDRE.

M. BOHVAL.

Et voiiliadr que ma âl)e se maiw.

SOfllOND*

Sans contredit,

M. DORYAL.

£t que mon fils iksse sola droit*

EDMOND

Non.

M. DORVAL

Comnaent , non ?

EDMOND

Non, mon frère, non. Vous n'avea pas la prétention que votre fik devienne jamais un Montesquieu? Ëhhien, à quoi lui servira son drcHt? A grossir la foule de ces bavards entêtés qui croient que tout doit leur céder ^ parce qu'ils savent déraisonner par principes.

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