LES
SCÈ\E I.
AUOUSTINE, HENRI.
ATJGUSTINE.
Y pensez- vous, Henri, de venir nous voir ainsi en plein jour, dans les circonstances où nous nous trouvons ? *
HENRI
Je ne vous comprends pas.
N'avez- vous pas reçu là dernière lettre que je vous ai écrite du château de mon oncle? •
HENRI
Oui , sans doute.
AUGUSTINE
Que vous y disais-je?
HENRI
Que*vous alliez venir pour quelques jours dans cette ville avec votre oncle et votre tante, et que vous descendriez chez monsieur de Lurcy.
AUGUSTINE
Eh bien, vous ne devinez pa» le reste?
HENRI
Non.
ADGUSTINE.
Vous n'avez pas entendu dire que mon oncle désirait se faire élire* député, que monsieur 'de Lurcy lui avait préparé les voies, et que c'était pour accomplir cette grande oeuvre *que nous étions venus nous installer ici ?
HENRI
Pas un mot. Mais, quand je l'aurais su, en quoi ma visite serait-elle extraordinaire ?
ÂTJ6USTINE, avec enjouement.
, Que vous avez peu de discernement! Ne tenezvous pas à lîne famille libérale ?
HENRI
En vérité , je n'en sais rien.
AtlGUSTINE.
Je le sais, moi; ma tante ne me répète que cela depuii^ qu'elle veut faire son mari député; c'est même la seule conveçsation que nous ayons ensemble.
HENRI
Je ne conçois rien à ce que vous me dites.
AUGUSTINE
Si VOUS ne nous aviez pas délaissés aussi longtemps, vous sauriez que nous faisons profession , depuis près d'un mois^ des opinions les plas déterminées; que nous nous sommes brouillés avec les trois quarts de nos voisins , et que nous ne souffrons plus que des gens d une pureté extrême. Ma tante surtout est d'une exigence à cet. égard qui pas^e tout ce que