SCENE I. S
VOUS pouvez imaginer. Si mon oncle est nommé député, vous devez vous attendre à un changement cotaplet dans le gouvernemetit. Ma tante a des plans de réforme admirables. De quoi riez-vous?
HENRI, gaiement.
Je me réjouis du bonheur qui nous attend. Mais je crains bien, ma chère Augustine, que votre oncle ne soit pas un assez grand orateur pour opérer toutes ces merveilles.
AUGUSTINE
. Nous avons découvert que les orateurs ne servent qu'à embrouiller les questions , et qu'il est bien plus important d'agir que de parler.
HENRI
Comment, agir! Les députés n'agissent pas.
AUGUSTINE , avec gaieté.
Vous êtes un libéral ! je n'ai pas d'autre réponse à vous faire; et, si l'on vous demande de nos nouvelles , vous pouvez affirmer que nous sommes des exagérés. Loin de nous faire du tort, vous nous servirez le mieux du monde. '
HENRI
Parlons sérieusement, ma chère Augustine : votre oncle a donc tout-à-fait perdu la tête ?
AUQUSTINE.
Vous êtes un libéral ! '
HENRI
M. de Vernant est un brave homme, mais voilà tout. Outre quHl est incapable de faire aucun dis-
cours public, il tie s'entend à aucuHe branche d'administration ; il ne s'est jamais mêlé de rien y même dans sa propre maison. Gomment croire que les électeurs iront penser à lui ?
AUGUSTINE
Lçs électeurs qui sont pour nous ne demandent que des sentimens ; et , quant à cela , nous sommes à l'épreuve.
HENRI
A la bonne heure,
J'aurais désiré bien des fois que vous eussiez pu être invisible, seulement pour entendre les belles chimères dont on se berce. On n'avoue pas encore tout-à-fait le désir d'entrer dans un nouveau ministère; mais, pour des places de préfets et autres misères semblables, on en parle ouvertement.
HENRI
Et je suis donc proscrit, moi?
AUGUSTINE
Vous et toute votre famille. Votre père est un libéral, parce qu'il espère que tout s'arrangera; vQtre mère, parce qu'elle n'aime pas à parler politique; et vous, parce que vous êtes leur .fils. Ah! si notre mariage n'était pas une clause du testament de mon pauvre père....
HENRI
Vous me faites trembler !
• AUGUSTINE
Encore ma tante espère-t-elle que,* comme ce tes-
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tament dit en termes exprès que mon inclination ne doit pas être forcée , il serait possible de m*amener insensiblçment à craindre de lier mon sort à celui d'un jeune homme qui a sucé de jnauvaipes doctrines. ^
HENRI
Si je pouvais craindre qu'elle eût la moindre influence sur vous^ je m'engagerais volontiers à changer aussi souvent d'opinions qu'elle change de projets.
Je crois l'entendre. Je vous prie, Henri, de ne paraître instruit de rien.