‹ Proverbes dramatiques (volume 3)Chapitre 175 sur 249 · MADAME DE VERNANT, AUGUSTINE. HENRI · texte numérisé non relu

MADAME DE VERNANT, AUGUSTINE. HENRI

MADAME DE LURCY.-

. ' MADAME DE LURCY.

Vous savez que tout est fini ?

MADAME DE VERNANT, avec un calme affecte.

Ah!

MADAME DE LURCY.

Monsieur de Lurçy vient de me l'envoyer dire.

MADAME DE VERNANT , même jeu.

- C'est monsieur Bignardin ?

MADAME m LURCY.

Non.

538 LES ÉLECtlOlfif^.

MADAME DE YBRNÂNT.

Le ciel soit loué ! j'en étais biett sûre. (Avec liéutatioB.) Et monsieur dé Véfûâut ?

MADAME i)E LtJRGY.

Vous lie deviefc pliià y compter.

âCÊl^Ë XXÏ.-

Moif^iBtJR «t AiadaMb de YËRNANTj Aïonfiti^VB et mabamb DE LURCY, AUOUSTINE, HENRI.

M. DE LURCY.

Vous avez raison : nous ne pouvions pas lutter, puisque celui qu'on a nommé, quoique n'étant pas de ce département, avait un parti aussi considérable. Tout était arrangé à Paris. •

MADAME DE VERNANt.

On a nommé un inconnu ! c'est une grande consolation. Personne au moins ne triomphe. Ah! ah! monsieur Bignardin, vos intrigues ïi^ont pas été heureuses.

M. DE LURCY.

Nous sommes un peu joués dans tout ceci.

MADAME DE VERNANT.

Il paraît que la trahison était de tous les côtés.

M. DE LURCY.

C'est l'usage.

H. DE Y£BJ)îANT.

Il n'y faut plu» penser. Nous allons rentrer dans nos habitudes , ce n'est pas un grand malheur. Pour nxoif il me semble que j'ai eu la fièvre, et que j'en suis guéri. Je me trouve mieux.

M. DE LURCy.

Vous me faites plaisir de parler ainsi , et je comptais sur cette résîgnatioq. Ypm n'aviez pas saisi l'ensemble de la position que vous désiriez, et vous n'auriez pas été long-temps sans vous repentir de l'avoir embrassée. Nos débats politiques ne conviennent pas à votre caractà^e.

MADAME DE VEINANT.

Et, malgré ces pressentimeos , vous aviez cependant secondé des désirs qui vous paraissaient si •contraires au bonheur de monsieur de Vernant; c'est la preuve d'une amitié bien aveugle. Je ne m'étonne plus que vous ayez échoué. Vos démarches ont dû se ressentir d'une ausçi tendre sollipijtude.

MADAME DE WHOY,

Pourquoi vouSrîez^vous , madame , que monsieur de Lurcy eèt été plus heureux que toutes les autres personnes auxquelles vous vous êtes adressée?

MADAME DE VEBNANT.

Monsieur de Vernant ne s'est adressé à personne; on s'est adresséà lui. Mais, en consentant à ce que l'on suivît une élection en son nom . il, n'a pas' prétendu se mettre en tutelle et soumettre sa conduite à qui que ce soit. Si c'est ma visite à madame Pùlàiirey que i'pu prèteud me reprocher..!.

M. DE LURCY.

Mais , madame , personne n'y *pense.

MADAME X)E VERNANT.

Dans certaine coterie , les interprétations malignes se propagetit si facilement , on y a tant de talent pour dénaturer les intentions les plus pures, que je ne serais pas étonnée qu'on me fît un crime d'avoir renoué une ancienne Fiaison qui désormais cependant sera inaltérable. Je ne veux plus de ces fausses amitiés qui n'ont de base que des opinions éphémères; et, pour preuve de la sincérité de cette résolutioq , j'abandonne toutes les coteries pour ne plus voir que les personnes qui me conviendront.

MADAME DE LURCY.

C'est un parti fort sage.

MADAME DE VERWANT.

Je suis charmée qu'il ait votre .approbation , madame, surtout au moment où nous sommes obligés d|e quitter votre maison pour nous rendre à l'invitation de madame Dulaurey. Elle m'a engagée à passer chez elle le peu de temps qui doit fécouler d'ici au jour du mariage de ma nièce avec son fils, et je compte assez sur votre indulgence pour espérer que vous nous pardonnerez de ne pas profiter plus longtemps de votre aimable hospitalité. Henri , donnezmoi le bras; et vous, Augustine, prenez celui de votre oncle. ( a madame de Lurcy. ) Rccevez , aiusl que monsieur de ÏAifcyf nos remercîmens bien sincères, et soyez, assurés que notre reconnaissance est proportionnée à votre bonnç volonté et à vos bons services.

• (Elle sd*t avec Henri.)

SGEJVE XXII. 541

AUGUSTINE , k madamer de Lurcy.

Madame ^ nous ne nous quittons jamais que vous n'ayez la bonté de m'embrasser.

MADAME DE LURCY, l'embrassant.

De tout mon cœur, ma chère enfant.

M. DE VEBNAIVT, h M. de Lurcy.

Adieu, nmon ami; je n'ai jamais su' garder rancune. » ^ . w ,

» • (Us «ortent. )

SC^ÈIVIÇ XXII.

MONSIEUR et MADAME DE LURCY. .

M. DE*LURCY.

Je n'en reviens pas.

MADAME DE LURCY.

Que voulez-vous de plus? Monsieur de Vernant vous pardonne.

M. DE LURCY.

Il s'est donc passé quelque chose que j'ignore ?

MADAME DE LURCY,

Non: *-

M. DE LURCY.

J'ai ÉBiit pour eux tout ce qui* était en mon pouvoir; eti^ sans être trop exigeant/ je pe devais pas m'atfendre à une pajPfeiHe conduite.

MADAME DE LURCY.

C'est uneieçon pour l'avenir:

OBLIGEZ UN VILAIN, VOUS n'aUREZ QUE CHAGRIN.

LA

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