SCENE I
BLINYAL, UN DOMESTIQUE.
LE DOMESTIQUE
MoTîsiEUR , madame vous prie d'attendre un instant dans ce salon; elle achève sa toilette, et elle va venir bientôt.
BUNVAL.
C'est bon. ( Le domestique sort. ) La joHe chose que les Proverbeslkoilà trois répétitions^indiquées pour onze heures, auxquelles je ne me rends qu'à midi, et j'arrive toujours une heure avant tout le monde. Mais c'est ma Êiute; je m'étais si bien promis de n'en plus, jouer que chez moi! Là du moins on est exact, et tout se passe à ma fantaisie; je choisis mes acteurs,, je les dirige , ils m'entendent ; au lieu qu'avec ceuxci je crois que je perdrai la tête. Madame d^Ebly, la maîtresse de cette maison, la plus aimable femme que je connaisse du reste , me prie de vouloir bien lui arranger une soirée de Proverbes. Je refuse d'abord; mais on ne peut pas refuser éternellement. J'é^
tais si sûr de ce qui allait arriver ! Au bruit des Proverbes que ron doit jouer chez elle, chacun s'empresse de s'offrir} et le hasard veut , comme il le veut toujours en pareille occasion , que ce soient les personnes les moine propres à cela qu'elle choisisse de préférence. Je parle des Proverbes de Carmontel , on se récrie j on ne veut pas apprendre de rôle ; on veut improviser. Madame d'Ebly, si raisonnable ordinairement*, est tout-à-fait de cet avis. J'ai beau lui dire que ses Proverbes iront tout de travers , que sa fête ennuiera; elle me répond en riant, car elle rit toujours, qu'elle est sûre du contraire, et que tout ira le mieux du monde. A la bonne heure; mais, je le répète , et je serai inébranlable , c'est la dernière fois que je joue des Proverbes hors de chez moi.