‹ Proverbes dramatiques (volume 3)Chapitre 194 sur 249 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

(Haut.) Allons^ mademoiselle Aglaé 9 c'est vous qui paraissez la première.

BLINYAL, à madame de Seoneville.

Tâchez, madame , de mettre un peu plus de naturel que la dernière fois. Vous m'avez autorisé à vous donner des conseils , et je vous ferai observer que ce n'est pas une grande coquette que vous représentez, mais ime paysanne bien simple.

MADAME DE SENNE VILLE

Forlis, est-ce que j'ai joué en grande coquette?

Vous avez été divine.

MADAME D'EBLY. ♦ •

Pas de complimens déplacés. Madame de Senneville était souffrante ce jour-là, et elle n'a pas été ce qu'elle sera , j'en suis bien sûre.

MADAME DE SENNEVILLE

Je voudrais au moins que monsieur me dît en quoi j'ai péché.

BLINYAL.

Le choix de vos expressions, votre ton, vos manières , rien de tout cela* ne convenait. Jugez-en vousmême. D'abord , vous entrez à pas comptés , et vous dites : « Mon Dieu ! Colin , que vous êtes un homme insupportable ! On n'# jamais poursuivi une femme de telle sorte. »

MADAME DE SENNEYILLE.

J'ai dit comme cela?

BLINYAL.

Interrogez madame et ces. messieurs.

383 LA REPETITION n'Vn PIlCyVERBE.

MADABU; D'EBLY.

C'est vrai.

DORLANGES.

Oui.

MADAME DE SENNEVILLE

Mais je trouve cela fort bien. Comment faut-il donc dire?

BLINVAL

Je crois qu'il faudrait arriver en courant , comme une personne qui veut en éviter une autre, et vous écrier avec une légère teinte d'humeur : « Laisse-moi donc , Colin j je ne veux pas que tu me suives ; ma mère Ta défendu. »

* • MADAME DE SENNEVILLE

C'est donc mieux? Allons, je dirai comme cela; ce n'est pas difficile. Â vous , Forlis.

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