SCENE XIV
MADAME DE SARMOISE.
Qu'est-ce que c'est qu'un madras quand on est malade? Est-ce que cela tient chaud aux oreilles? François, votre maître n'a-t-il pas des bonnets de coton?
FRANÇOIS , riant.
Non, madame. Monsieur ne s'en sert pas; mais moi j'en ai. Si vous le voulez, je puis en donner un tout blanc de lessive.
MADAME *D£ SARMOISE.
Oui , allez le chercher.
( François «ort. ) • , " • M. DAU4LY.
Vous allez mje faire ressembler à un carême-prenant.
MADAME DE SARMOISE.
Vous ressemblerez à ce que vous voudrez, pourvu que je vous guérisse ; d'ailleurs vous n'attendez personne. C'est -vrai, il faut lui-parfer comme à un enfant.
( François apporte un bonnet de coton. ) FRAINÇOIS , donnant le bonnet il madame de Sarmoise.
Tenez, madame, c'est mon plus beau.
MADAME DE SARMOISE , avec gaieté.
Il a une mèche superbe. ( Elle le met elle-méme sur h tête de M. Daifly, qui rit de toutes ses forces. ) Voilà déjà qUC Ça VOUS fait
du bien; et, puisque vous tenez tant à votre madras, je vais vous le mettre en* guise de ruban. (Eiieiui metie
madras avec un gros nœud sur le devant. ) Jc VOUS gâte.... A présCUt,
François, vous allez faire chauffer de l'eau; vous
aurez du chiendent et de la réglisse, et vous ferez avec cela uiîe tisane à votre maîtr^, qui en boira de demi-heure en demi-heure, après avoir mis ses pieds jusqu'à la cheville dans un bain que vous allez lui préparer. Vous le ferez coucher de bonne heure et ne le quitterez pas que ma fille ne soit revenue, (a M. Daiiiy.) Oui , mousicur, je veux être certaine que vous boirez ma tisane; j'ai répondu de vous à madame Dailly, et je ne veux pas qu'elle me fasse de reproches. Je retourne chez moi , où je n'ai pas dit que je sortais, et je ne vcms réponds pas de ne point revenir ce soir pour savoir si mes ordres ont été ponctuellement exécutés. Ne me i^cohduisez pas , je ne veux pas que vous preniez l'air. Jean est en bas qui m'attend chez votre portier.
( Eue sort. )
SCïlNE XV.
M. DAILLV, FRANÇOIS.
FRANÇOIS
Monsieur, faut-il faire ce que madame (Je Sarmoise
a commandé? . x
M. DAILLY
N'avez-vous pas peur que cela ne vous donne trop de peine?
FRANÇOIS
Ce n'est pas là ma raison.*
M. DAILLY
Otez ces habits, et allez faire du feu dans ma