ROSALIE, ADÈLE, JENNY, FLORBEL
JENNY
Mes amis , il vient de m'arriVer une aventure , une aventure unique. J'étais allée promener mon ennui \ur le port, et je regardais machinalement devant moi, lorsqu'un homme dont les manières sont trèsdistinguées m'aborda. Au* ton de respect qu'il prit avec moi, je vis tout de suite qu'il me croyait une personne d'imporjahce , et je me réglai là-dessus. Il me demanda par quel hasard je me trouvais seule, et moi, tournant la tête d'un air de surprise, je lui répondis que j'étais sortie avec un laquais, et que je ne concevais pas ce qu'il était devenu. Il m'offrit alors son bras , que je fis quelques difficultés d'accepter, et, s'enhardissant davantage, il finit par solliciter l'honneur de me reconduire chez moi.
ROSALIE
■ C'esjt vraiment une aventure que cela. Après.
JENNY
Tout en marchant, il«me dit mille choses polies et même tendres ; me parla de sa fortune", qui est trèsconsidérable ; tellement que, saiA savoi/ comment cela s'est fait, je lui ai accordé la permissiou^de venir présenter ses respects à ma famille. ^.
TOUS, riant.
Ah ! ah ! ah ! sa famille.! C'est charmant.
ADÈLE
Et comment sortiras-tu de là ?
JENNY
Rien de plus simple/ Il viendra ici ce soir ; je le présenterai à ma mère, madame de Mercour.
HOSALIE.
Votre mère s'appelle...
Madame de Mercour. J'ai prévenu en bas de laisser monter un monsieur qui demanderait cette dame.
ROSALIE
Vous êtes folle, ma chère Jenny. Où frouverez-voiis cette mère, cette famille?
JENNY
Ma mère, ce sera vous, Florbel; Adèle sera ma sœur, et Rosalie une espèce de soubrette , une femme de chambre. Tout cela s'arrangeait dans ma tête à mesure que je lui parlais. Je vous prie seulement de bien jouer vos rôles , et de ne pas mè tr^ir. C'est une affaire superbe ppur moi, un parti fort avantageux; car c'est un bel et bon jnariage qu'il ni'offre.