SCENE ly
ADÈLE et ROSALIE:
ROSALIE
'Adèle, il vient d'être décidé là-<ledans que c'était moi qui devais recevoir seule jce monsieur.
ADÈLE
Pourquoi cela?
ROSALIE
Afin de pouvoir lui vantev Jenny tout à l'aise, . et l'amener, séance tenante, à demander sa main à madame de Mercour. . *
ADÈLE. -
Vous croyez ce mariagç possible?-
ROSALIE
Je ae sais vraiment pas ce que je crois ' là-dessus; Vidée me pai*aît folle ; j'aime les folies , et je me prête à celle-là. 1i
ADÈLE
Vous ne craignez pas de pousser trop loin la plaisanterie?
âGENE IV. 429
^ # ROSALIE
Non , non. Notre amoureux est un sol ou un fripon; et y dans l'une ou l'autre de ces suppositions, il n'y a aucun scrupule à se faire. • i^
ADÈLE
Si c'est un fripon, oui; mais si ce n'est qu'un sot, n'est-ce pas cruellement abuser de sa sottise que de lui faire épouser une femme telle, que Jenny ? Oh ! si, par exemple, il eût été question de vous....
t ROSALIE.
Ou de vous, n'est-ce pas? Parlons franchement: l'étranger vous trotte par la tête; je vois cela. Eb bien, qui vous empêche de le disputer à votre prétendue sœur? La lice est ouverte; évertuez-vous, faites de votre mieux. L'amour qu'il a pour Jenny ne peuf^pas être tellement enraciné dans son cœur depuis ce matin, que vous ne puissiez au moins y faire quelque brèche. Moi, je vous déclare que je n'y prétends rien; et, pour preuve de ma neutralité, je vous promets de tenir la balance égale dans le bien que je lui dirai de vous* deux. On ne peut pas mieux faire.
ADÈLE y minaudant.
Que vous êtes extravagante! N'allea-vous pas croire que je pense à épouser, cet homme? Je ne l'ai pas vu : sais-je seulement s'il me conviendra? Dé mon côté, aussi, je pourrais fort bien ne pas lui plaire.
R&SALIE
Vous n'en désespérez pas cependant.
La vérité est que je n*y pense pas. (à p»rt > A tout hasard, je vais toujours mettre un peu plus d'ingénuité dans ma parwe. (mut.) Adieu ^^méehante.
, (Elle sort)