‹ Proverbes dramatiques (volume 3)Chapitre 42 sur 249 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

pat m'adresser à Paris ! Madame Mairet , c'est une terrible leçon que vous donnez là.

MADAME MAIRET

Vous criez contre votre garniture; je puis vous répondre qu'elle a fait Tadmiration de deux ou trois dames qui sont venues ici.

MADEMOISELLE DE MUSSY

Yous l'avez donc montrée ?

SOPHIE

Je ne puis pas travailler dans la cave.

MADEMOISELLE DE MUSSY, k madame Mairet, avec ironie.

Vous avez une demoiselle qui a bien de l'esprit. Sans travailler dans la cave, ne peut-on pas avoir une arrière-boutique ?

MADAME MAIHET.

C'est comme votre chapeau, si vous vouliez l'essayer?

MADEMOISELLE DE MTJSSY , prenant le diapeau.

Que voulez-vous que j'essaie un chapeau bleu ?

Je vous répète, inademoiselle, que votre chapeau n'est pas bleu. .

MADEMOI^LLE DE MUSSY essaie le chapeau, et#e regarde dans une glace.

Ah! que je suis laide!

SOPHIE, k part.

Ce n'est pas la faute du chapeau.

BfADEMOISELLE DE MUSSY.

Je me £ais peur; je reîssemble à ma mère; j'ai l'air

d'avoir cent ans. Je voulais , au contraire ^ quelcfiie

chose de jeune. (EUe se laUse tonUier ntr na sh^« avec tous le« signes du plus grand abattement -, et , après un moment de silence , elle arrache le cfaapeau de dessus sa tête , et le jette avec emportement sur le comptoir. ) X eUCZ • VOilà

votre guenille , tâchez de la vendre à quelque marchande de chansons. Ah! c'est épouvantable! Comment vais-je faire pour demain? Je n'ai rien à mettre, rien , absolument rien. Donnez-moi donc au moins des conseils. Je ne puis pas rester comme ceia. Il faut prendre une décision ; mais , avec votre philantropie , vous ne voudrez pas faire passer la nuit pour remplacer mon chapeau. Suis-je assez malheureuse !

MADAME MAIRET

Un peu de patience,

MADEMOISELI^ DE MUSSY.

Ce sont là les conseils que vous me donnez? un peu de patience ! Ne dirait- on pas que j'en ai manqué depuis une heure que je fais du mauvais sang? Eh bien ! vous ne parlez pas , vous ne dites rien ?

MADAIIfE MAIBET.

J'attends que vous me fassiez une nouvelle commande.

MADEMOISEtXE DE MUSSY.

A quoi cela servira-t-il ? Si vous employez les mêmes ouvrières, elles ne feront encore que du b^usilkige. Je ne sais où vous allez déterrer ces filles -là !

SOPHIE

Dans votre famille , mademoiselle de Mussy.

M. DUCASTEL, k part.

Mademoiselle deMussy! Qu'en tends-je ?

MADAME MAIRËT.

Sophie y finissez.

SOPHIE

Pourquoi donc, oaadame?!! n'y ê, que moi qui travaille en modes pour vous. Mademoiselle ne l'ignare pas; et, quand elle m'appelle bousilleuse, je «puis bien lui dire que je suis sa cousine. Oui, mademoiselle, je suis Sophie Pouzons^ comme voui.etes Adélaïde Pouzoi|3. La seule différence qu'il y* ait entre^ nous , c'est que mon père n'a pas (^\t fortune Comme le votre , et qu'il n'a pas pris de sobriquet

MADEMOISELLE DE MUSSY

Quel déluge de paroles !

Ah ! mais dame , chacun a son of gueil.

MADEilOÏSlfitLË DE MUSSV.

Vous croyez bien, madame Mairet, qu'après une scène aussi scandaleuse je ne remettrai plus les pieds chez vous.

MADAME MAIRET

Mais, mademoiselle...

MADEMOISELLE ]>E MUSSY

Non , madame Mairet , cela n'est pas possible. Je ne m'abaisserai pas à répondre à votre fille de comp-; toir. Ses injures ne peuvent m'atteindre; mais, pour qu'elle n'ait pas la satisfaction de les répéter aux dames de ma connaissance qui se fournissent ici , je vais leur dire que je vous quitte , et les engager à suivre mon exemple.

(Elk S9rl.>

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