‹ Proverbes dramatiques (volume 3)Chapitre 59 sur 249 · UN PEU D'AIDE FAIT GRAND BIEN · texte numérisé non relu

UN PEU D'AIDE FAIT GRAND BIEN

PERSONNAGE»

MADAm SORBET, limoqjidière.

F[X)RiMON • combien de province.

VICTOR» garçon limonadier.

La .scène se passe chez madame Sorbet.

L« tbeàlre represaate tin café.

Il '

ï»:jî.ïP>AKflBB S(inK,iis^isii'B

MADAME SORBET

SCJINE I.

VICTOR , seul , à la can^^macle.

Vous ferez les bavaroises avec de la cassonade, et les limonades avec du^miel. Quand votre café sera épuisé) v©iis trouiFwez, sur le petit buffet, de la chicorée pour en faire d'autre. Eh bien, Frarfçois, voulez-voiis biqn ne pas presser les citrons avec vo» mains ! Malpropre ! Si madame Sorbet vous voyait , elle serait d'une belïe humeur. (luvance.) Peut-on se donner aufant de peine que je m'en donne, et en être si mal récompensé ! Yoiladeux ans que madame Sorbet est ipeuve ; il y en a plu» de troi$ qu'elle me promet de m'épouser, et je suis encore garçon. Vingt fois j'ai senti la patience prête à m'échapper ; vingt fois j'ai été ^u moment de lui mettre le marché à la

main J0ne sais quoi m'a toujours retenu. Il faudra

cependant que la bombe éclate quelque jour.' Je*na puis plus vivre comme cela, d'abord.

VICtOR, riiORIMON.

. . FLORMON.

Bonjour, mon che^ Victor.

VICTOR

Quoi! c'est toi, Florimôn; tu as dbnc quitté ta troupe?' Je te croyais à Bordeaux.

FLORXMON.

J'ai renoncé à l'état de comédien. Je viens à Paris pour chercher une place ; mais je la veux lucrative et honorjsible. Je ferai Valoir mes droits. J'ai diverti la moitié de la France pendant dix ans; il eçt l)ien juste que le gouvernement ftissç quelque chose pour moi. . • "

VICTiiK. .

As*tu des prote<5teurs ? •* "^ *

FLORlMON.

J'en ai plus de cent qui tous m'ont promis dé s'intéresser à moi , aussitôt qu'ils auront obtenu ce qu'ils ont deipandé pour eux-mêmes.

VICTOR

Jr voudrais bien être aussi avancé que toi.

FLORlMON.

Comment! est-ce que tu n'es pas encore le mari de madame Sorbet?

VICTOR. ' '

San mari! je ofains bien de ne l'éti^e jamais..

FLORXMOir.

Mai^9 à mon dernier v#yage ^ tu iQe dis^ié que vous ' étiez sur le point de conclure.

VICTOR

Je le croyais, et je me trompais. ^ '

FLORIMON.

Qui do»c a pu déranger tout cela ?

scÈBîE n. , ÎU

VICTOR

Madame Sorbet elle-même. Ttt ne cotinaivpas cetto femmejà. Japiais on ne tient rien avec elle. Va, mon ami f je suis bien te garçon limonadier le plus malhemreux qui soit sur la terre. ' " ,

Dis donc le plus sot. Pêut-on être la dupe d'une femme I et d'une femme qui a besoin de vous eûcore? Tu me fais pitié.

VICTOR

Mon Dieu ! cela est bien aisé à dire. CrQi»-tu donc que je ne m'y sois pas pris de toutes les manières avec elle ? Peine inutije ! Elle a autant d'imagination pour déjouer tqes batteries, que j'en ai pour les inventer.

FLORlMON.

Que ne la menaces-tu de la quitter? Tu* m'as dit cent Ibis que tu lui étais indispensable , et que son café tomberait le jour même qije tu ne le conduirais plus ; j'essaier|is ce moyen.

VICÏOR.

9ans douté, j'y ai pensé déjà* Mais ^ j'éckoue, si elle me prend au mot, j6 suis perdu.

FLOlllMOy.

Tu seras ga^^çon limonadier ailleurs.

VICTOR

Et ^iti quir me remplacera pourra bien épouser madame Sorbet ^ qui se passionne toujours pour les gens qu'elle ne connaît pas. J'aurai soutenu la ré^H

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