UN PEU D'AIDE FAIT GRAND BIEN
PERSONNAGE»
MADAm SORBET, limoqjidière.
F[X)RiMON • combien de province.
VICTOR» garçon limonadier.
La .scène se passe chez madame Sorbet.
L« tbeàlre represaate tin café.
Il '
ï»:jî.ïP>AKflBB S(inK,iis^isii'B
MADAME SORBET
SCJINE I.
VICTOR , seul , à la can^^macle.
Vous ferez les bavaroises avec de la cassonade, et les limonades avec du^miel. Quand votre café sera épuisé) v©iis trouiFwez, sur le petit buffet, de la chicorée pour en faire d'autre. Eh bien, Frarfçois, voulez-voiis biqn ne pas presser les citrons avec vo» mains ! Malpropre ! Si madame Sorbet vous voyait , elle serait d'une belïe humeur. (luvance.) Peut-on se donner aufant de peine que je m'en donne, et en être si mal récompensé ! Yoiladeux ans que madame Sorbet est ipeuve ; il y en a plu» de troi$ qu'elle me promet de m'épouser, et je suis encore garçon. Vingt fois j'ai senti la patience prête à m'échapper ; vingt fois j'ai été ^u moment de lui mettre le marché à la
main J0ne sais quoi m'a toujours retenu. Il faudra
cependant que la bombe éclate quelque jour.' Je*na puis plus vivre comme cela, d'abord.
VICtOR, riiORIMON.
. . FLORMON.
Bonjour, mon che^ Victor.
VICTOR
Quoi! c'est toi, Florimôn; tu as dbnc quitté ta troupe?' Je te croyais à Bordeaux.
FLORXMON.
J'ai renoncé à l'état de comédien. Je viens à Paris pour chercher une place ; mais je la veux lucrative et honorjsible. Je ferai Valoir mes droits. J'ai diverti la moitié de la France pendant dix ans; il eçt l)ien juste que le gouvernement ftissç quelque chose pour moi. . • "
VICTiiK. .
As*tu des prote<5teurs ? •* "^ *
FLORlMON.
J'en ai plus de cent qui tous m'ont promis dé s'intéresser à moi , aussitôt qu'ils auront obtenu ce qu'ils ont deipandé pour eux-mêmes.
VICTOR
Jr voudrais bien être aussi avancé que toi.
FLORlMON.
Comment! est-ce que tu n'es pas encore le mari de madame Sorbet?
VICTOR. ' '
San mari! je ofains bien de ne l'éti^e jamais..
FLORXMOir.
Mai^9 à mon dernier v#yage ^ tu iQe dis^ié que vous ' étiez sur le point de conclure.
VICTOR
Je le croyais, et je me trompais. ^ '
FLORIMON.
Qui do»c a pu déranger tout cela ?
scÈBîE n. , ÎU
VICTOR
Madame Sorbet elle-même. Ttt ne cotinaivpas cetto femmejà. Japiais on ne tient rien avec elle. Va, mon ami f je suis bien te garçon limonadier le plus malhemreux qui soit sur la terre. ' " ,
Dis donc le plus sot. Pêut-on être la dupe d'une femme I et d'une femme qui a besoin de vous eûcore? Tu me fais pitié.
VICTOR
Mon Dieu ! cela est bien aisé à dire. CrQi»-tu donc que je ne m'y sois pas pris de toutes les manières avec elle ? Peine inutije ! Elle a autant d'imagination pour déjouer tqes batteries, que j'en ai pour les inventer.
FLORlMON.
Que ne la menaces-tu de la quitter? Tu* m'as dit cent Ibis que tu lui étais indispensable , et que son café tomberait le jour même qije tu ne le conduirais plus ; j'essaier|is ce moyen.
VICÏOR.
9ans douté, j'y ai pensé déjà* Mais ^ j'éckoue, si elle me prend au mot, j6 suis perdu.
FLOlllMOy.
Tu seras ga^^çon limonadier ailleurs.
VICTOR
Et ^iti quir me remplacera pourra bien épouser madame Sorbet ^ qui se passionne toujours pour les gens qu'elle ne connaît pas. J'aurai soutenu la ré^H