SG£NE I
M. DE SOLANGBS.
Rire! Et ce pauvre commandeur, dont on remarquait la peine extrême! Oh! noti; tout le monde souffrait, et personne n'avait envie de rire. Heureusement on avait fait venir quelques danseurs de rOpéra; et un ballet bien exécuté fit oublier le proverbe. Chez vous , mon ami , nous n'avons pas cette ressource.
M. DE VOLMAR
Ici, nous irons beaucoup mieux, vous verrez; et si cela va aussi mal, je veux bien que l'on rie, moi. Rire , c'est toujoui*s s'amuser !
Beau plaisir que celui d'être ridicule , et de l'être avec prétention !
M. DE VOLMAR
Mais qu'est-ce que cela vous fait ? vous ne jouiez pas chez le commandeur , vous ne jouerez pas ici ; on ne vous demande que de nous arranger des pro« verbes.
Non , certes , je ne jouais pas chez le commandeur, mais je n'en fus que plus complètement bafoué. Ces dames, pour détourner les plaisanteries qu'elles redoutaient, ne manquèrept pas de dire que c'était moi qui avais tout arrangé; et,, pendant plus de quinze jours, je ne pouvais entrer dans aucune maison sans qu'on dît en me voyant : f entends quelqu'un. J'ai cru que le nom m'en resterait. Le mot est devenu proverbe; et, quand un de nous s'embarrasse ou ne sait plus que dire , on lui crie : J'entends quelquùun.