MADAME
mes yeux. Un seul regard me la fait reconnaître; j'enlre chez elle hors de moi , je Tais me jM^ipiter à ses pieds.. ..Un éclair de raison luit, et je parviens à me posséder ; mais c'est pour m*enivrer davantage. Son esprit^ sa grâce , sa bonté...-
UkDAXE SORBET.
Connaît-on votre amour ?
FLORIMON.
Oui, madame.
MADAME SORBET
On doit en être touché?
FLORIMON.
Je l'ignore.
MADAME SORBET
Peu de femmes y seraient insensibles.
FLORIMON.
C'est vous qui dites cela ! vous, madame, juste ciel ! Est-ce un songe? ilne illusion!, m'auriez-vous compris? répondriez-vous à ma pensée?
MADAME SORBET
Parlez donc d'un ton plus raisonnable. Je ne suis pas la personne
FLORIMON.
Et qui serait-ce donc , si ce n'est vous ?
MADAME SORBET
Moi !
FLORIMON.
Vous-même.
Gomment ! c'est de moi Allons , monsieur, ceci
passe la plaisanterie. '
SCEME VI. US
FLOIHMOIf.
Ah ! de grâce, n'appelez pas plaisanterie l'action la phis sérieuse de ma vie. Vous me connaîtrez , madame , et vous apprécierez la source de cet enchantement irrésistible qui m'attire vers vous.
If ABÂME SORBET.
Quoi! vous voulez que je croie que mon faible mérite a pu subjuguer un homme aussi distingué que vous, et que, sans fortune, je puisse consentir...
FLORIMON.
Je ne s^is pas si je suis un homme distingué. Ce que je sais , c'est que je vous adore , que vous réalisez tous les rêves de mon imagination , et que je meurs si vous me refusez votre main. Vous parlez de for* tune! La mienne n'est-elle donc pas la vôtre? N'en serez-vous pas la maîtresse? Je souscrit d'avance à remploi que vous voudrez en faire. Si vous aimez la musique, vous donnerez des concerts; des bals, si vous aimez la danse. Nous jouerons même la comédie, si cela peut vous plaire,
MADAME SORBET
Monsieur, je crois que nous la jouerions fort mal tous les deux ; nous avons trop de franchise , trop de naturd pour faire jamais de bons acteurs,. Mais on peut se consoler de cela.
FLORIMON.
Prenez- vous garde, madanje, que, sans y penser, vous nous associez insensiblement l'un à l'autre ?
Qui vous dit que ce soit sans y penser ?
im MADAME SORBET.
FLORIMON.
Vous consentez à faire mon bonheur ?
MilDÂME SORBET.
Il le faut bien , puisqu'il y va de votre existence.
FLORIMON.
Mais ne changerez-vous pas? Dites, ah! dites que> vous ne changerez pas.
MADAME sorbet:
Je ne pourrais changer que si je trouvais un homme, plus aimable que vous, et vous n'avez rien à craindre.
FLORIMON.
Un homme plus aimable que moi ! il y en a beaucoup.
MADAME SORBET
Vous n'avez ni mon cœur ni mes yeux, je le vois bien.
FLORIMON. ,
Qu'un mot de vous rassurerait mon âmel
MADAME SORBET
Un mot de moi !
Oui, un mot écrit.... Ëxcusez-moi, femme adorable; mon bonheur est si inespéré, qu'à moins de le voir assuré par quelques lignes de votre jolie main....
MADAME SORBET
Vous me demandez une pï'omesse de mariage ?
FLORIMON.
Cela vous étonne ?