LA MANIE DE^ P&OYERBES
C'est assez difficile d'iqiprçyiser.
DORMEUIL
Non , puisqu'on dit tout ce qui vous passe pai* la tête ; mais il faut de bons costumes. Mon cousin de Courcelles, lui, se déguisait toujours si bien qu'on ne le reconnaissait pas. Il s'était chargé aussi de mettre le rouge aux dames qui jouaient; il s'enfermait pour cela avec elles , et ils riaient tous quelquefois comme des fous. J'allais les écouter à la porte ^ et c'est ce qui m'amusait le plus.
Si vous ne vous êtes pas essayé, comment pouyezvous avoir la certitude de réussir?
DORMEUIL
On sent cela.
Et votre poitrine ?
DORMEUIL
Je n'en souffreplus du tout. Dèsrété dernier mêgie, j'aurais fort bien pu jouer ; mais ils avaient fait une espèce de ligue pour m'éloigner. Ma poitrine n'était qu'un prétexte.
Ainsi', vous êtes sûr de bien vous en tirer?
DORMEUIL
Je vous en réponds.
M. DE VOLMAfl.
£t moi aussi.
SGÈIVE II. 19
M. ]>£ SOLÂNGES.
Youlez-Yous que nous fassions un essai?
DORMEUIL
Un essai ! et à quoi bon ? Vous me croyez donc bien borné?
Je ne dis pas cela.
DORMEUIL
N'ayez aucune inquiétude. J'ai fait des choses plus difficiles que de jouer des proverbes ; j'ai appris les mathématiques en moins de six mois.
M. DE SOUlNGES.
J'en suis persuadé; mais quand ce ne serait qUe pour voir le genre qui vous convient le mieux.
DORMEUIL
Tous les genres me conviennent.
Chaque personne a toujours une espèce de rôle qui lui est plus agréable.
DORMEUIL
Ge soiit des personnes qui se font une affaire de cela; pour moi, ce n'est qu'un divertissement.
Eh bien , ce divertissement peut commencer dès à présent pour vous par la répétition que nous allons faire.
DORMEUIL
- Comme il voos plaira. Essayez-moi, si cela peut vous faire plaisir, je ne m'y refuse pas.
Ecoutez -moi bien! Vou^ êtes *un valet; votre