SCÈNE XIV
M. DE VALCÉ, M. et madame OORIMON.
MADAME DORIMON
Arrivez donc, monsieur Dorimon; car en vérité ce n'est pas trop que de se mettre à deux pour comprendre tout ceci. Savez-vous de quoi Henriette est malade ?
190 UNE RÉVpLUTIOlV.
M. DORIMON. I
Elle n*est plus malade ; elle rit comme une petite folle.
M. DE VALCÉ.
Elle se contraint peut-être.
M. DORIMON
Vous l'avez vue déjeûner.
M. DE VALCÉ.
Elle a très-peu m^ngé.
M. DORIMON
Vous appelez cela très-peu! Comment donc manget-elle quand elle mange beaucoup ?
M. OE VALCÉ.
Elle ne mange jamais davantage.
M. DORIMON
Et de quoi est-elle malade ?
MADAME DORIMON
Expliquez cela vous-même, monsieur de Valcé; quant à moi , je ne saurais jamais m'en tirer.
M. DORIMON
J'aime bien ma fiUe, assurément; mais si vous voulez que je vous parle franchement, je crois qu'elle s'amuse un peu à vos dépens : ma femme vous dira que nous ne lui avons jamais vu la moindre chose.
MADAME DORIMON
Jamais. Les enfans ont ordinairement de petites maladies; Henriette en a toujours été exempte.