SCENE Vni. i
l'à-propos le plus étonnant qu'on ait peut-être jamais entendu.
MADAME BERNARD
Monsieur, je disais bien que vous étiez un homme extraordinaire.
M. PARTOUT
Oui, vraiment, extraordinaire, ce n'est pas trop. Trouver autant de raisons à l'appui d'une opinion qui, au bout du compte, m'est fort indifférente.
MADAME BERNARD, se tournant du côte du cabinet.
Que j'aurais voulu que ces messieurs fussent là !
M. PARTOUT
Quels messieurs ?
MADAME BERNARD , avec embarras.
Ces messieurs.... de la Fabrique; ceux qui veulent vous faire marguillier.
M. PARTOUT
Parbleu! ils y auraient compris grand'chose.
MADAME BERNARD
Ils trouvent que vous parlez si bien.
M. PARTOUT
Quàïid je suis avec eux , je parle pour eux. Mais à l'Institua: ! un succès à llnstitut ! c'est une
autre affaire, (il prend une lettre sur son bureau.) Ah!
ah! c'est pour mon oraison funèbre de demain. (lUit.) «Monsieur, j'ai l'honneur de vous rappe-
i64 TOUS LES COMÉDIENS, etc.
» 1er que c'est demain que vous vous êtes chargé » de jeter des fleurs sur la tombe de l'illustre » confrère que nous venons de perdre. »
MADAME BERNARD
Combien de fleurs comme cela n'avez-vous pas déjà jetées !
M. PARTOUT
Ça commence à en faire beaucoup.
MADAME BERNARD
Je ne conçois pas que vous puissiez être toujours prêt à vous attendrir ainsi publiquement pour le premier venu.
Dites donc pour le premier qui s'en va. ( Il rit. ) Ah! ah! ah! J'en ai l'habitude; et puis, cela fait bien dans le public. Vous n'avez vu personne ?
MADAME BERNARD
Pardonnez- moi, monsieur. D'abord, cette pauvre dame qui a tant à se plaindre d'un grand personnage.
M. PARTOUT
Ah , bast ! je ne m'étais chargé de son affaire que parce que j'espérais que cela me mettrait en relation avec sa partie adverse ; mais puisqu'il n'en est rien , ma foi!... Est-ce tout?
MADAME BERNARD , à part.
Voici le moment de le préparer, comme il