M. PARTOUT, MADAME BERNARD, LÉON
LEON , courant vers son oncle.
Bonjour, mon cher oncle.
M. PARTOUT
Madame Bernard, laissez-nous.
( Madame Bernard s'en va. Un intervalle de silence pendant lequel l'oncle et le neveu se regardent, )
LÉON , d'un air timide.
Mon cher oncle, comme vous me regardez! Serait-il donc vrai que vous fussiez courroucé contre moi ? Qu'ai-je fait pour m'attirer un pareil malheur?
i68 TOUS LES COMÉDIENS, etc.
M» PARTOUT, de l'air le plus sérieux.
Vous ne l'ignorez pas , monsieur , et lorsque , malgré les avertissemens que je vous ai fait donner, vous avez persisté à vous livrer à la frivolité de vos goûts, au lieu de chercher à acquérir la gravité nécessaire à un homme de votre profession , vous avez dû penser que tout lien entre nous était rompu.
^ LÉON
Je vous a^ua^, mon cher oncle, que je n'ai reçu aucun avertissement de votre part; et cela est si vrai, que je ne sais pas encore ce que vous entendez par la frivolité de mes goûts.
( Il se tourne du côte' dq cabinet. ) M. PARTOUT.
C'est le métier d'histrion que vous faites.
LÉON
Quoi! mon oncle, ce sont là les seuls reproches que vous ayez à me faire ?
M. PARTOUT
La corruption du siècle vous entraîne , mon neveu; vous vous faites esprit fort pour mépriser toutes les convenances ; je souhaite que cela vous réussisse. Au surplus. Pantalon était médecin.
LÉON, riant aux e'clats.
Tenez, mon cher oncle, il y a tant de probité dans votre talent, qu'il vous est impossible de