SCENE X
MADAME VIÉTOF.
Tu as bien raison. Monsieur le maire , d'ailleurs, ne fait pas si souvent des mariages comme le vôtre; quand il y mettrait un peu de complaisance. (A Ernest.) Comment trouvez - vous Aglaé aujourd'hui?
ERNEST
Je la trouve très-bien.
f MADAME VIÉTOF.
N'est -il pas vrai? (A sa fille.^ Assieds -toi donc, mon cœur ; tu ne dois plus pouvoir te tenir sur les jambes.
ERNEST
Les voitures sont en bas depuis long-temps.
MADAME VIÉTOF, s'asseyant.
Ah! ah!
( Aglae s'assied aussi.) ERNEST.
Si Aglaé voulait , nous nous débarrasserions de cette corvée de la municipalité , et nous n'irions après cela à l'église que quand il lui plairait.
MADAME VIÉTOF.
Oui , si monsieur Viétof était raisonnable . Mais une fois qu'il nous tiendra , il ne nous laissera plus revenir. Il faut avoir le temps de se reconnaître. Voilà la première fois de la matinée que nou.s pouvons prendre quelque repos. N'a-
vez-vous pas une course à faire? Allez, monsieur Ernest, nous vous attendrons.
ERNEST
Le salon est plein de monde.
MADAME VIÉTOF.
Je m'en doute bien ; monsieur Viétof a envoyé tant d'invitations.
ERNEST
Nous ne pouvons guère retarder plus longtemps.
MADAME VIÉTOF.
Bast ! bast ! ils ne s''ennuient pas , je vous assure.
Mais enfin puisque nous sommes prêts.
MADAME VIÉTOF.
Vous croyez cela ; vous vous trompez. Si par hasard il était vrai que l'on ne piît pas danser ce soir, il faudrait qu'Aglaé changeât totalement de toilette. Vous voyez bien qu'avant tout il faut savoir à quoi nous en tenir là-dessus. Je connais les usages , et comme je réponds encore de ma fille , je ne souffrirai pas qu'elle y manque.
ERNEST, avec un léger mouvement d'humeur.
Il faut donc vous obéir.
{ Il prend son chapeau et s'en va 5 Françoise rentre dans l'appartement d'Aglaé. )