SCENE XIV
aussi raisonnable que moi , nous dirions : c'est un malheur; et nous n'en parlerions plus. Mais que de cris , que de pleurs , que de scènes de tout genre il va me falloir endurer! Bien heureux encore si elle ne finit pas par m'imputer ce duel. Donnez-moi donc un conseil, monsieur; ditesmoi quel moyen , à défaut de la justice , je pourrais employer pour éviter tous ces désagrémens. •
M. PARTOUT
Écrivez à la famille du jeune homme qui a envoyé le cartel ; avertissez-la; elle a le même intérêt que vous.
Je ne voudrais pas écrire.
M. PARTOUT
En ce cas , allez la trouver.
M. DE ROCHERON.
Encore moins.
M. PARTOUT
Envoyez-y madame Prudent.
M. DE ROCHERON.
Ma femme, ce serait comme moi.
M. PARTOUT
Alors , tâchez d'éloigner votre beau-fils de gré ou de force ; évitez , à quelque prix que ce soit, la rencontre de demain. Et quant aux grands
19^ TOUS LES COMÉDIENS, etc.
mots de gloire et de déshonneur qu'il ne manquera pas de faire sonner à vos oreilles, ne les écoulez pas. Le duel est une folie. Vous paraissez un homme sage ; soyez certain que vous serez approuvé de tous les hommes sages , en empêchant le plus ridicule des homicides.
M. DE ROCHERON.
Monsieur, je vous suis obligé; je vais aller causer de cela avec madame Prudent.
(Il sort.)