SCENE XV
M A.i)AM£ BERNARD.
Vous êtes bien sûr ? Je croyais que c'était monsieur de Rocheron.
M. PARTOUT
Vous êtes physionomiste. Vous avez pris cet homme-là pour un comédien ? C'est bien là leur allure.
MADAME BERNARD
Cependant , permettez-moi de vous dire . . .
M. PARTOUT
Faites-moi grâce, madame Bernard. Vous vous êtes imaginé que je parlais avec humeur ; vous vous êtes trompée. Le discours que j'ai improvisé si heureusement ce matin m'avait mis en haleine ; je n'avais pas épuisé toute mon éloquence à l'Institut, et c'est comme un reste de verve que j'ai satisfait avec cet homme qui venait me consulter sur un duel.
MADAME BERNARD
Monsieur, il y a quelque chose là -dessous, parce que monsieur Léon....
M. PARTOUT
Monsieur Léon , monsieur Léon est un goguenard avec lequel il est impossible d'être éloquent. Quelle heure est-il? (il tire sa montre.) Ah! grands dieux , quatre heures ! J'ai conseil de discipline pour la garde nationale ; je n'arriverai jamais à ni. i3
194 TOUS LES COMÉDIENS, etc.
temps . Faites-moi donner mon yniforme tout de suite. ( Madame Bernard sort) On ne Sait auquel entendre. Et mon oraison funèbre... Il faut avouer qu'elle a du malheur. Bast ! je l'improviserai comme je pourrai, et je la ferai avec soin après,
pour l'envoyer aux journaux. (Madame nemard rentre en tenant un uniforme complet, habit, chapeau, cpe'e. M. Partout ôte sa robe d'avocat , et s'habille en officier ' . ) Trausfor-
mons-nous en héros, (il rit.) Je suis un véritable Protée. Mais , qu'est-ce qui vient là ? (M.deRocheron
entre, madame Bernard s'en ra.)