‹ Proverbes dramatiques (volume 4)Chapitre 120 sur 240 · SCENE XVT · texte numérisé non relu

SCENE XVT

M. PARTOUT, M. DE ROCHERON, en redingote militaire , arec des moustaches.

M. DE ROCHERON, à part

O l'heureux hasard ! il est en militaire. (Haut.) Monsieur, je suis bien votre serviteur.

M. PAKTOU'J.

Monsieur, je vous salue.

M. DE HOCHEHON.

Oserais-je vous demander, monsieur, si vous

1. Chaque fois que M. Partout change de costume, il a soin de placer celui qu'il quitte sur chacune des chaises rangées dans le fond du théâtre.

SCÈÎ^E XVI. fgS

avez déjà eu la visite de mon beau-père , M. Prudent ?

M. PARTOUT

Oui, monsieur.

M. DE ROCHEHON, d'un ton léger.

Vous avez sans doute admiré l'analogie* de son nom avec son caractère. 11 venait vous consulter pour moi , pour me sauver la vie.

M. PARTODl".

Je n'ai rien trouvé de déplacé dans sa démarche.

M. DE ROCHERON.

' Ah ! monsieur, vous le flattez.

M. PATROUT.

Il m'a parlé comme un galant homme.

Sans doute ; mais comme un galant homme qui a peur. Un cartel pour monsieur Prudent , c'est la fin du monde.

(Il rit.) M. PARTPUT.

Il faut se mettre à la place d'un bourgeois.

M. DE ROCHERON.

Vous avez raison. L'honneur, pour monsieur Prudent, doit se borner à bien administrer sa fortune et à conserver la réputation qu'il s'est faite dans son commerce; mais pour nous autres militaires, monsieur!

196 TOUS LES COMEDIENS, etc.

M. PARTOUT, se redressant.

C'est tout différent.

M. DE ROCHEROJy.

Quand on porte une épée.

M. PARTOUT

On doit se soumettre aux lois que l'honneur militaire a faites.

M. DE RÔCHEROW , après s'être de'tourne' pour rire.

Qui est-ce qui distinguera l'homme brave du lâche, si le premier ne sait pas venger ses injures? Je n'hésite pas à le dire, un pays où le duel viendrait à être proscrit , serait un pays condamné.

Nous n'avons pas ce malheur à craindre.

M. DE ROCHERON.

Pardonnez-moi, monsieur. Il y a partout une classe pusillanime , énervée , sans vigueur , la classe des pères de famille , qui tend toujours à pacifier , et dont l'apathie soutenue finira par triompher de l'opinion. Pourquoi ne s'éleveraitil pas un brave dont la plume courageuse lutterait victorieusement contre cette mollesse qu'on cherche à introduire parmi nous?... C'est que les braves n'aiment pas à écrire , et que ceux qui écrivent n'aiment pas à se battre. Il faut à ces

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