‹ Proverbes dramatiques (volume 4)Chapitre 203 sur 240 · SCÈNE IX. 3a · texte numérisé non relu

SCÈNE IX. 3a

licat comme pour m'avertir que je ne devais contester aucune supériorité. Que le mérite , le talent , le hasard élève quelqu'un qui veuille bien s'intéresser à moi , il est assuré de mon dévouement. Que veux-tu ? Avec un esprit plus tranchant , j'aurais pu faire plus de bruit ; je cultive les muses, et je préfère la paix. Ces puissans du jour, contre lesquels on se déchaîne, sont souvent plus embarrassés que l'homme modeste qui vit à l'ombre de leur protection. Ils s'éclipsent ; mais que le bonheur veuille que leurs successeurs vous continuent le même appui qu'ils vous prêtaient ,, et la disgrâce sous laquelle ils succombeait n'est même pas un événement pour vous.

HIPPOLYTE

(A part.) C'est touchant. (Haut.) Félix , veux-tu me faire un plaisir ? laisse-moi.

FÉLIX

Cher ami, pourquoi veux -tu que je m'en aille ?

HIPPOLYTE

J'ai à réfléchir?

FÉLIX

Ce sont justement tes réflexions que je crains. Je tremble qu'il ne te prenne envie de dissuader ton père d'accepter la grâce qu'on lui fait.

33o LE DUEL.

HIPPOLYTE

La grâce ! , .

FELIX

Oui. Toute justice est une grâce , puisqu'on pourrait ne pas vous la rendre.

HIPPOLYTE

Quel éloge de la justice ! ... Tu ne veux pas me laisser seul ? . je m'en vais.

FÉLIX

Eh! non. Si tu le prends ainsi, je te quitte la place ; mais j'avoue que je ne te conçois pas.

( 11 sort. )

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