‹ Proverbes dramatiques (volume 4)Chapitre 215 sur 240 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

MAURICE

C'est juste; mais j'avais cru que madame Severin avait consulté quelque planète qui l'avait fait changer d'avis, ou que les cartes qu'elle bat toute la journée nous avaient été favorables.

MARINE

Les cartes, les planètes vous sont également contraires ; et il n'y a pas jusqu'à Cagliostro , à qui certes vous n'avez jamais fait aucun mal , qui ne vous condamne formellement.

MAURICE, avec gaieté.

Tant mieux , Marine , tant mieux.

HÉLÈNE , étonnée.

Tant mieux !

MAURICE

Oui, ma chère Hélène ; car c'est la preuve qu'elle est folle , et nous avons besoin qu'elle le soit aujourd'hui un peu plus que de coutume.

MARINE

C'est donc pour la faire enfermer.

HÉLÈNE

Je ne conçois rien a votre gaieté. Quel est donc votre espoir?

MAURICE

De rendre la santé à Gadichon.

MARINE , riant.

'•Ah! ah! ah! ah! Savez -vous seulement danis quel état il es't?

35o LA CURE MERVEILLEUSE.

MAURICE

Cela ne fait rien.

•^ MARINE

^ Il n'a peut-être plus une heure à vivre.

MAURICE

C'est beaucoup.

MARINE , bas à Hélène.

Hélas ! mademoiselle , est - ce que le désespoir aurait timbré le cerveau de monsieur Maurice?

MAURICE

Qu'est-ce donc que de rendre la vie à un chien mort? bagatelle. J'ai dans ce moment -ci chez moi un homme qui a fait bien d'autres miracles, ma foi !

HÉLÈNE

Maurice, cessez de parler ainsi ; vous commencez à m'effrayer.

MAURICE

Rassurez-vous , ma chère Hélène ; cet homme fameux n'est autre qu'Edouard, mon cousin, qui devait venir nous voir l'année dernière j et dont je vous ai raconté tant d'espiègleries. Il nous est arrivé ce matin sans nous avoir prévenus ; ma mère n'a rien eu de plus pressé que de le mettre au courant de nos chagrins. Comme il a le cœur i)on, il s'est d'abord affligé avec nous; mais

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