‹ Proverbes dramatiques (volume 4)Chapitre 216 sur 240 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

comme , en même temps , il a l'esprit très - vif, après nous avoir demandé des renseignemens sur le caractère de madame Severin, que nous n'avons pas flattée , je vous en demande pardon , il s'est engagé à lui faire révoquer son arrêt aujourd'hui même.

HÉLÈNE

Par quel moyen?

MAURICE

Les grands hommes ne s'expliquent pas aussi facilement.

HÉLÈNE

Vous lui aurez peut-être dépeint ma tante beaucoup plus crédule qu'elle n'est.

MA.RINE.

Pour cela , moi aidant , je ne connais rien qu'on ne puisse lui faire accroire.

MAURICE

Elle ne voit personne ; elle ne vit que dans un monde idéal. Sans cesse occupée de l'avenir, elle le consulte de toutes les façons , sous toutes les formes , jusqu'à ce qu'elle ait obtenu des prédictions qui lui conviennent. En flattant sa manie, comment Edouard ne l'amènerait-il pas à ses fins?

HÉLÈNE

Il n'y a pas de caractères si complets qui ne

35a LA CURE MERVEILLEUSE.

déconcertent parfois les gens qui croient les connaître le mieux.

MARINp.

Quand cela ne servirait qu'à nous donner la comédie. ,^^

HÉLÈNE

Il est vrai que je tremble sur tout ; mais n'est-il pas à craindre que nous n'aggravions encore notre situation ?

MARINE

A écouter mademoiselle, il faudrait se croiser les bras et pleurer. Tandis qu'on agit , du moins le temps passe.Voyonsd'abordmonsieurEdouard. Où est-il ?

MAURICE

A la grille du jardin, qu'il attend que tu ailles lui ouvrir , Marine.

MARINE

Vous le lui aviez promis d'avance ? C'est furieusement compter sur ma curiosité. J'y vas.

(Elle sort.)

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