SCENE VII
HÉLÈIVE.
Ma tante, je crains que vous ne vous fassiez trop d'illusions sur les talens de cet homme.
MARINE, bas à Hélène.
Que dites-vous donc, madenloiselle?
MADAME SEVERIN, d'un ton sentimental.
Ferme cette porte. Marine; les cris de Cadi-
chon me font mal à Famé. (A sa nièce, avec dureté.)
Il n'y a au monde que monsieur Maurice , n'est-il pas vrai ? C'est cela un savant qui n'a seulement pas l'adresse de retenir un chien qui en assomme un autre. Au surplus, il aura le loisir de faire l'éducation de son Médor, en employant aie corriger le temps qu'il venait perdre ici.
MARINE , bas à madame Severin .
Madame, ne grondez pas trop contre monsieur Maurice ; car je ne vois guère que lui qui puisse déterminer cet habile étranger à venir
chez vous.
, MADAME SEVERIN
En vérité , Marine ?
MARINE
Depuis ce matin ils sont toujours ensemble , et je les ai surpris sur la place qui parlaient grec tous les deux.
MADAME SEVERIN
Grec!... Et comment as-tu compris qu'ils parlaient grec?
MARINE
Parce que je ne les ai pas compris.
MADAME SEVERIN
Tu as raison. (A Hélène.) Enfin, ma nièce, si l'on me rend Gadichon tel qu'il était hier matin, je consentirai à oublier la cruelle étourderie de monsieur Maurice; mais ne vous flattez pas que je lui pardonne à moins ; mon cœur a été trop vivement affecté. Va , Marine , tâche de trouver ce monsieur ; dis-lui que , quoique femme, et ne parlant pas grec, je suis pourtant à même d'apprécier son rare mérite ; et qu'après la guérison de Gadichon , s'il peut me rendre deux ou trois petits services contre des personnes que je lui indiquerai , il n'y a rien qu'il ne puisse espérer de moi.
(Marine sort. )