SCENE XXI
MADAME VIÉTOF, AGLAÉ, FRANÇOISE
MADAME VIÉTOF.
Aglaé, je viens de faire une observation sur ton mari. C'est par la douceur qu'il faudra le
prendre. Les humeurs, les impatiences, les airs de hauteur et de dédain ne réussiraient pas du tout avec lui, et, au contraire, tu en feras tout ce que tu voudras avec les moindres cajoleries. Qu'est-ce que cela te fait?
AGLAÉ, négligemment.
Oh ! rien. Mais vous, maman , quelle manière aviez-vous prise avec mon père?
MADAME VIIÉTOF , baissant la voix à cause de Françoise.
Mauvaise. Les attaques de nerfs.
AGLAÉ
Comment !
MADAME VIÉTOF , de même.
Je n'ai jamais eu de nerfs; mais ton père était si lent à prendre la moindre résolution que j'ai employé ce moyen pour le faire décider plus promptement. Il aurait toujours fini par faire ce que je désirais;^ naais il aurait fallu attendre des siècles ; au lieu que la peur de se trouver dans l'embarras d'une de mes attaques, le rendait l'homme du monde le plus expéditif. Cependant si c'était à recommencer, je choisirais autre chose.
AGLAÉ
Puisque cela vous réussissait si bien.
MADAME VIÉTOF.
Oui; mais cela demande encore de la suite.