MADAME ROCHEVILLE, L'ABBÉ, M. DUMONT, GUSTAVE
MADAME ROCHEVILLE.
L'argenterie est retrouvée.
M. DUMONT
Ah ! tant mieux.
l'abbé.
A propos, avons-nous de la soupe à dîner?
M. DUMONT
De la soupe !
l'abbé.
Mais oui. Pourtnoi, je ne puis pas dîner sans soupe. Il en faut aussi au petit bonhomme pour prendre sa rhubarbe. ^,^1
GUSTAVE
Je ne prendrai pas -de rhubarbe aujourd'hui.
l'abbé.
Comment, vous ne prendrez pas de rhubarbe ?
GUSTAVE
On no prend pas de rhubarbe à la campagne.
•in SCENE vil. 69
l'abbé.
Où avez-vous vu cela? ^ ^^^ '
M. DUMONT
Mais monsieur Gustave a raison. Un bon
air fait plus de bien que toutes les drogues eu
monde.
l'abbé.
De grâce, monsieur, laissez -moi gouverner mon élève à ma manière.
MADAME ROCHEVTLLE, à l'abbë.
Est-ce qu'il a toujours l'estomac délicat?
l'abbé.
Plus que jamais, madame. Il grandit beaucoup.
GUSTAVE
Tenez, madame, comme j'ai l'estomac délicat { Il chante avec une grosse voix. ) : O Richurd ^ 6 inOtl
roi] Est-ce là un estomac délicat?
l'abbé.
La preuve que vous prétendez donner n'est qu'une sottise. On ne chante pas de l'estomac; on chante de la poitrine.
M. DUMONT
Je crois cependant qu'on chanterait fort mal sans estomac.
( Gustave rit.
L ABBE , à demi voix.
Il y a des gens qui comptent l'estomac pour tout.
GUSTAVE
Si vous voulez que je prenne de la rhubarbe,
il faudra que vous me rendiez mon petit canon
de cuivre.
l'abbé.
Je ne vous rendrai rien du tout. * ^
GUSTAVE
Eh bien, je ne prendrai pas de rhubarbe-
l'aBBE. '*''^
Qu'est-ce que cela veut dire ?
GUSTAVE
A la campagne, il n'y a pas de précepteur.
M. DUMONT, à part.
Mes leçons profitent. Il est drôle le petit bonhomme.
l'abbé,
A la campagne il n'y a pas de précepteurs! Gustave, cela ne vient pas de vous.
M. DUMONT, basa madame Rocheville.
L'élève et le précepteur vont se boxer ; je le parierais.
MADAME ROCHEVILLE.
Taisez-vous donc.
l'abbé. ,i:v
Vous me faites bien de la peine , Gustave ; et