SCENE VII
madame Rocheville va prendre une singulière opinion de vous.
MADAME ROCHEVILLE.
Monsieur Gustave , soyez donc raisonnable. Votre bon ami m'a dit que madame votre mère ne vous avait laissé venir ici qu'à ma considération ; ainsi je la remplace. Vous comporteriezvous ainsi devant elle ?
GUSTAVE , en pleurant.
Mais , madame , dans un dîner sur l'herbe , on ne prend pas de rhubarbe.
MADAME ROCHEVILLE.
Vous VOUS êtes fait une grande idée d'un dîner sur l'herbe , à ce qu'il me paraît ?
GUSTAVE
Je n'en ai pas dormi de la nuit.
MADAME ROCHEVILLE,
Pauvre enfant !
l'abbe.
Écoutez, mon bon ami: êtes- vous mon bon ami?
GUSTAVE
Oui , mon bon ami.
l'ab:b£.
Alors, mon bon ami, ne faites donc pas le raisonneur ; ( Bas. ) je vous rendrai .votre petit canon de cuivre.
72 LE DINiai SUR L'HERBE.
M'jiiiF^. GUSTAVE, «autant au cou de l'abbé.
Vrai? Ah! mon bon ami, il faut que je vous embrasse.
L ABBE, avec assurance-
Je n'ai qu'un mot à lui dire.
MADAME ROCHEVILLE.
Mais conçoit-on que monsieur Rocheville ne soit pas encore arrivé ?
M. DUMONT
Madame, si vous m'en croyez, nous irons à la Croix-de-Fer ; je suis persuadé que nous l'y trouverons.
A présent que notre établissement est fait ici.
GUSTAVE
Mon bon ami , voulez-vous que je me promène un peu dans cette allée-là, pour voir si je ne trouverai pas à herboriser?
l'abbé.
Oui ; mais ne nous perdez pas de vue , et ayez bien soin de garder votre chapeau sur la tête , de peur de vous enrhumer.
GUSTAVE
N'ayez pas d'inquiétude.
(Il s'en va en sautant. )
-a, SCÈNE VIII. 73