MADAME ROCHE VI LLE
Croyez-vous qu'il vienne ici , madame ?
.m SCENE XL 77
-'ri r MADAME RUINARD.
Il n'y a pas de doute. Il s'est rappelé qu'il pouvait avoir fait un quiproquo, et il doit venir vous chercher. Au surplus , ma chère dame , n'en soyez pas inquiète; car il a déjeuné avec nous , et fort bien déjeuné.
M. DUMONT
-3[P"s avez donc déjeuné?
MADAME RUINARD.
Nous avons fait bien d'autres choses , vraiment. Nous sommes là depuis dix heures. Ahî que je vous ai regretté! Jamais nous n'avons été si fous. Vous savez bien Croquet que nous avons surnommé l'Eléphant à cause de sa grosse taille, eh bien, il est peut-être mort à l'heure où je vous parle.
M. DUMONT
Mort!
MADAME RUINARD.
Ou peu s'en faut. Tant pis pour lui. De quoi s'avise-t-il aussi de vouloir faire le jeune homme , et de sauter les fossés comme s'il n'avait que vingt ans? Il s'est laissé tomber , et vous jugez ce que c'est qu'une masse comme cela qui tombe. Ses ceintures, ses corsets, ses buses, enfin tout s'est rompu en plein. Il y avait de quoi se pâmer de le voir enterré dans la glaise humide , et fai-
sant les efforts les plus comiques pour s'en retirer. ;;
(M. Dumont et madame Ruinard rient aux éclats.)
ii<j -, Mi,ffjo<;
MADAME ROCHEVILLE. !.- ^^f;
Mais , madame , est-ce que personne ne portait secours à ce monsieur ? ^^{ f^^,} j*:, ^ «oon
MADAME RUINARD.
Oh! bien oui, secours. Il est assez fort pour se secourir tout seul. N'est-ce pas donc, petit papa?
M. DUMONT. l'iflt
Enfin, vous ne l'avez pas laissé là. '^"*>'''^ '^i ^"p
• • - MADAME RUINARD. ''**" -f^fOi '^
Non, il est remonté, mais dans iih pauvre état. Mademoiselle Maigret ne sait où donner de la tête. Il fallait l'entendre prier son parent , le médecin Guéridon, de voir tout de suite, tout de suite, si monsieur Croquet n'avait rien de démis. Rien de démis! Ah! ah! ah! ah! quelle prévoyance !
'»li! (Madame Ruinard et M. Dumont rient.)' '
Savez-vous que c'est fort mal à nous de rire ?
MADAME RUINARD. '.
Bon hypocrite! C'est vrai que vous aimez beaucoup Croquet.