‹ Proverbes dramatiques (volume 4)Chapitre 56 sur 240 · MADAME ROCHE VILLE · texte numérisé non relu

MADAME ROCHE VILLE

Vous avez pris du rhum à déjeuner ! Cela ne vous incommode pas?

MADAME RUINARD.

Pourquoi donc incommoder? J'en ai bu aussi, moi. Dites-moi , monsieur, vous n'êtes donc pas venu directement de la Croix-de-Fer ici? car nous sommes partis en même temps, et voilà une grande demi-heure que je suis arrivée. Il est vrai que mon âne était vigoureux.

M. ROCHEVILLE.

Le mien était assez bon; mais je ne l'ai pas forcé , au lieu que vous avez mis le vôtre au galop pour suivre monsieur votre mari.

MADAME RUINARD,

Ce jeune homme n'était pas mon mari.

M. ROCHEVILLE.

Je le croyais. ( A sa femme.) Oh î ma bonne amie, la drôle de société! On jurerait d'une même famille. Tout le monde se tutoie, s'embrasse.... Vous n'avez jamais rien vu comme cela. J'ai dansé, moi qui ne danse jamais.

MADAME RUINARD.

Étiez - vous là lors de la chute du gros Croquet ?

M. ROCHEVILLE.

• A propos, il est blessé.

MADAME RUINARD.

Blessé!

( Elle rit. )

Sa femme en est inconsolable.

MADAME RUINARD, riant plus fort.

Sa femme î

M. ROCHEVILLE.

Oui. Heureusement elle avait avec elle un médecin.

MADAME RUINARD.

Petit papa, monsieur a* pris la demoiselle Maigret pour la femme de l'Éléphant.

M. ROCHEVILLE.

Gomme j'ai vu que c'était la seule qui prît intérêt à lui.... . •

MADAME RUINARD, riant.

Je le crois bien. Les extrêmes se touchent.

M. ROCHEVILLE.

Au siyplus, il faut croire que c'est peu de chose; car cela n'a pas empêché tout le monde de bien se divertir. (Ai'Abbë.) Ah! mon cher Abbé , je ne vous voyais pas. Bonjour, Gustave.

GUSTAVE

Monsieur, j'ai l'honneur de vous saluer.

M. ROCHEVILLE.

Vous êtes bien ébouriffé, mon cher Abbé.

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