‹ Proverbes dramatiques (volume 4)Chapitre 7 sur 240 · SCÈNE Vî · texte numérisé non relu

SCÈNE Vî

M. VIÉTOF, ERNEST.

■ M. VIÉTOF, riant aux éclats.

Riez donc comme moi , au Heu de faire la mine que vous faites. Je les crois folles, sur mon honneur; à moins qu'il ne soit question de cette lettre anonyme qu'elles ont reçue hier au soir.

ERNEST

Une lettre anonyme sur moi?

M. VIÉTOF.

Oui ; mais si sotte qu'il est convenu qu'on ne doit pas vous en parler.

ERNEST

Que pouvait-elle contenir?

» M. VIÉTOF.

Des balivernes en style pitoyable.

ERNEST

Je veux la voir.

M. VIFTOF.

Elle est brûlée.

j4 le plus beau jour de la vie.

ERNEST

Vous avez eu tort.

M. VIÉTOF.

De vous en parler , c'est vrai. A coup sûr , dès que ma femme n'en a pas fait d'éclat, il fallait que cet écrit fût bien insignifiant.

Mais VOUS l'avez lu.

M. VIÉTOF.

Ah! nous n'en sortirons pas. Oui, je l'ai lu, et je vous répète que c'est la plus sotte chose du monde. N'allez pas en faire de bruit; vous gâteriez toute cette fête. Promettez - le - moi , Ernest.

ERNEST

Il est pourtant cruel...

M. VIÉTOF, l'interrompant.

Combien je me repens de n'avoir pas su me taire. Ernest, prenez-y garde; si vous donniez suite à cette indiscrétion , je serais homme à ne pas me montrer de la journée. Madame Viétof est terrible. Vous voyez encore tout cela en beau; mais vous saurez un jour combien un mari doit être sur le qui-^vive.

ERNEST

Ne craignez rien.

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