‹ Proverbes dramatiques (volume 4)Chapitre 71 sur 240 · SCENE m. ii · texte numérisé non relu

SCENE m. ii

DOUZIÈME JURÉ

(A part.) Je n'aurai l'air que d'iui écho. (Haut/; Oui.

M. PARLAVIDE.

Il est vraiment déplorable , messieurs , que sur une question aussi évidente , il n'y ait que la majorité d'une voix pour la culpabilité. Remarquez bien que cette manière d'opérer, laissant en quelque sorte à la Cour la décision du sort de l'accusée , nous n'avons aucune influence sur le jugement, et que notre participation dans cette affaire devient tout-à-fait nulle.

M. PRESSÉ

Posez la seconde question.

M. PARLAVIDE.

Seconde question : La fille Mengin est - elle coupable d'avoir volé des lapins la nuit? Il n'y a pas plus de doute sur cette seconde question que sur la première, et je commence par dire, oui.

M. BENIN

Puisque c'est à mon tour à parler, je me permettrai de demander s'il est bien sur que, le '11 juillet dernier, il fît nuit à neuf heures du soir.

M. PONCTUEL

Ah! ah! ceci mérite examen, ni. 8

ii4 LE JURY.

M. PRESSÉ

La nuit s'entend du moment où on allume les réverbères , et , à neuf heures , les réverbères sont toujours allumés dans quelque saison que ce soit.

M. BET^IN

Mais, monsieur, il n'y a pas de réverbères à Villejuif où le vol s'est commis , soit disant, et il ne faut pas juger d'après Paris.

M. INDÉCIS

D'ailleurs, je crois bien me rappeler que, le 11 juillet, il y avait lune, et dans la belle saison la lune est comme une prolongation du jour.

M. JOVIAL

Voilà qui est clair. La lune , le jour, les réverbères ; il n'y a rien d'obscur dans tout cela.

M. PRESSÉ

Messieurs, nous ne som mes pas ici chez Brunet pour faire des pointes. Il s'agit d'en finir. Allons aux voix.

M. LÉVEILLÉ

Messieurs , messieurs, je suis sûr que, le 11 juillet, il n'y a pas eu de nuit.

M. JOVIAL, riant.

C'est plus fort.

M. LÉVEILLÉ

J'étais en voyage, et je me rappelle qu'il faisait

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