‹ Proverbes dramatiques (volume 4)Chapitre 76 sur 240 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Ses traits , d'ailleurs , ont une conformité frappante avec ceux de sa mère... Tâchons de détourner le mal que j'ai pu faire.

M. PRESSÉ

Que de temps perdu ! nous resterons ici jusqu'à demain, si vous n'y prenez garde.

M. DDRET.

On veut nous faire un cours.

M. PONCTUEL

On s'éclaire par la discussion.

M. INDÉCIS

Moi , je trouve qu'on s'embrouille.

M. PRESSÉ

Condamnons ou absolvons , et finissons-en.

M. PARLAVIDE , se rasseyant.

Condamnons! Eh! messieurs, qui vous parle de condamner ? Serais-je assez malheureux pour que vous eussiez tiré une aussi triste conclusion des doctrines que je viens de professer? Condamnons ! Ce mot doit-il se trouver dans le vocabulaire d'un juré? Prenez-y garde, messieurs, le siècle n'est que trop enclin à dénaturer des principes vrais par de fausses conséquences ; et lorsque je soutenais, en thèse générale, que nous devions nous armer d'une juste sévérité, je n'ai pas dû prévoir que vous donneriez à ma

#il# LE JURY.

pensée une extension aussi blâmable que dangereuse. Ne sommes-nous pas , avant tout , les défenseurs de la veuve et de l'orphelin ?

M. PRESSÉ

Mais il n'y a ni veuve ni orphelin dans cette affaire. La fille Mengin n'a jamais été mariée , et elle a encore sa mère.

M. BÉNIN

Qu'est-ce que cela fait ? Monsieur dit de bonnes choses.

M. PARLA VIDE, continuant.

La société ne nous a-t-elle pas interposés entre la loi et le coupable pour que l'innocent n'eût rien à redouter de la justice?

M. PONCTUEL , bas.

Quelle palinodie!

M. DURET, de même.

Quels lieux communs !

M. JOVIAL , de même.

C'est du talent.

M. DURET, de même.

Il se moque de nous.

M. PRESSÉ , haut.

Passons donc à la troisième question.

M. PARLAVIDE.

La fille Mengin est-elle coupable d'avoir volé à l'aide d'escalade ? Mon avis est non.

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