SCÈNE IV. i
gendre qui me convient; à moins cependant qu'il n'y ait quelque autre chose que vous ne voulez pas me dire.
LÉON
Quelque autre chose !
M. DE ROCHERON.
Un petit tour de jeunesse, quelque fredaine, bien excusable , sans doute , mais dont un oncle si sévère conserve cependant de la rancune.
MADAME BERNARD
Ah ! pour cela , monsieur , je puis vous assurer , qu'excepté ce que vous savez , il n'y a rien à reprocher à monsieur Léon.
LÉON
Je vous jure que mon oncle n'a pas d'autre plainte à faire de moi.
w Je sais des gens qui se sont faits rigoristes ; mais je n'en connais point encore qui se soient iPélevés à ce point de perfection.
MADAME BERNARD
Monsieur a tant d'esprit ; il est si prévoyant. Il pense toujours six mois d'avance comme il faudra penser dans six mois.
M. DE ROCHERON.
c'est une heureuse faculté...
i56 TOUS LES COMEDIENS, etc.
|1H;-:,i madame BERNARD.
■^ Et qui demande bien du courage; car il faut savoir rompre à temps avec certaines gens , et se lier à propos avec d'autres; aussi est-on bien sûr de ne rencontrer jamais ici que des personnes que l'on peut voir.
M. DE ROCHERON , avec légèreté.
Sur ce pied-là , j'ai grand'peur qu'il ne me reçoive pas.
LÉON
Si vous pouviez seulement être témoin de l'entrevue que nous allons avoir ensemble.
M. DE ROCHERON.
A quoi bon?
LÉON
Vous seriez à même de nous juger tous les deux. Il me vient une idée , madame Bernard ; ce cabinet est-il toujours inhabité?
j,j.,;,, MADAME BERNARD.
Toujours. ï
LÉON
Vous en avez les clefs?
MADAME BERNARD
Oui.
LÉON
C'est on ne peut mieux. (A M. de Rocheron.) Vous pourrez vous y tenir tout le temps qu'il vous