SCÈNE t. i
mener ma pauvre Bibi ; mais je me suis fait une loi de ne pas vous gêner.
M. FLAMET
Si nous partions ?
MADAME DÈMBRUff. '
J'oublie encore une foule de choses , j'en suis sûre. Au surplus, je vous écrirai, Marguerite. Mais Bibi, ma pauvre Bibi, je ne peux pas trop vous répéter cela.
MARGUERITE , montrant des draps qui sont sur un siège.
Et ces draps que Madame voulait emporter pour les auberges.
M. FLAMET, à part.
Bonté du ciel î (Haut. ) Ils sont inutiles; j'en ai fait mettre dans le coffre, et je les céderai volontiers à Madame.
MADAME DEMBRUN.
Est-ce bien sûr que vous en ayez fait mettre!'
M. FLAMET
Très-sûr, très-sûr.
MADAME DEMBRUN.
Alors partons, monsieur Flamet; que voulezvous que je Vous dise?
( Clément entre. ) CLÉMENT.
Madame, le postillon craint une chose qui est
assez juste ; la voiture ne pourra pas passer sous la porte cochère avec cette grande boîte qu'on a attachée par-dessus la vache.
MADAME DEMBRUN.
Vous auriez dû prévoir cela plus tôt.
CLÉMENT
Il fallait bien la mettre, puisque ce sont les chapeaux de Madame.
MADAME DEMBRUN.
Qu'on la détache avec précaution ; on sortira la voiture dans la rue, et on remettra la boîte ensuite. Veillez un peu à cela, monsieur Flamet; ces gens-là sont si gauches !
M. FLAMET
Vous ne pourriez pas vous passer de cette boîte?
MADAME DEMBRUN , riant.
C'est bien là une question de célibataire. Une femme se passer de chapeaux !
M. FLAMET, laissant percer de l'humeur.
Dépêchons-nous , Clément.
( Il sort avec Clément. ) MADAME DEMBRUN , à Marguerhe.
Marguerite , vous êtes adroite ; je me méfie un peu de ce que vient de me dire M. Flamet au sujet des draps qu'il prétend avoir fait mettre