‹ Proverbes dramatiques (volume 5)Chapitre 100 sur 232 · SCÈNE I. i · texte numérisé non relu

SCÈNE I. i

MADAME DEMBRUN.

J'avais encore une autre raison que je ne lui ai pas dite; mais, en vérité, je ne suis pas d'âge à m'enfermer dans une voiture tête à tête avec un homme qui ne m'est rien du tout.

SUZANNE

Un homme que Madame ne connaît presque pas.

( M. Flamet entre. ) M. FLAMET.

Le filet est tendu ; j'y ai placé moi-même votre chale, votre ombrelle, et la boîte à ouvrage.

MADAME DEMBRUN, frappant du pied en signe d'impatience.

Mais Marguerite ? Suzanne, voyez donc ce qu'est devenue Marguerite.

M. FLAMET

C'est votre cuisinière? elle vient d'apporter une chaufferette dans la voiture.

MADAME DEMBRUN.

Elle a des clefs à me remettre ; et puis ne fautil pas que je lui répète toutes mes recommandations? Faites-la venir, Suzanne. ( Suzanne sort. ) C'est étonnant ce qu'il y a à dire et à faire quand on quitte sa maison. Les hommes ne connaissent pas tout cela.

ix. i a

M. FLAMET , souriant.

Non. En général les hommes n'onl pas d'affaires.

MADAME DEMBRUN.

Vous riez! Mais c'est très- vrai, (a Marguerite qui entre. ) Arrivez donc, Marguerite.

MARGUERITE

Me v'ià , Madame.

MADAME DEMBRUN.

Vos clefs ? (Marguerite lui remet plusieurs clefs qu'elle enferme dans un secrétaire. ) VOUS ne VOUS êtes pas trompée

pour les étiquettes?

MARGUERITE

Madame peut voir.

MADAME DEMBRUN.

Ah ça ! Marguerite, je n'ai pas besoin de vous recommander de bien prendre garde à la maison. Vous surveillerez Clément pour qu'il ne s'absente que le moins possible. Si vous avez à vous plaindre de lui , faites-moi écrire. Vos confitures , cerises , abricots et groseilles , même quantité qu'à l'ordinaire. Mais surtout, Marguerite, ayez bien soin de Bibi. Pas de viande, toujours de la pâtée; la petite muselière pour peu que vous la sortiez, ne fût-ce que sur le pas de la porte. ( a m. Flamet. ) C'est un grand sacrifice que je m'impose de ne pas em-

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