SCENE I. i
suis pas fâchée d'avoir deux mois devant moi pour respirer.
(Clément entre.) CLÉMENT.
Ils sont enfin partis. A la grâce de Dieu !
MARGUERITE
Voyez-vous, Clément, je fais la dame.
CLÉMENT, s'asseyant auprès d'elle.
Et moi le monsieur.
( Il l'embrasse. ) MARGUERITE.
Prenez donc garde.
CLÉMENT
J'ai fermé la porte de l'antichambre ; nous sommes ici comme au bout du monde.
( Il veut encore l'embrasser. ) MARGUERITE.
Finissez , Clément. Si vous comptez prendre ce train-là, vous vous trompez.
CLÉMENT
Nous ne sommes que nous; il faut bien rire un peu.
MARGUERITE
Qu'est-ce que c'est que ce monsieur qui emmène Madame? Il me semble que je ne l'ai jamais vu ici.
CLÉMENT
Il y est venu deux ou trois fois depuis quelque
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temps. C'est un monsieur que Madame rencontrait dans des maisons où elle va. Il a parlé qu'il voulait aller aux mêmes eaux où Madame voulait aller; alors ils ont trouvé que ce serait moins coûteux de faire la route ensemble. Madame y a gagné le loyer d'une voiture, puisque ce monsieur en avait une ; et moi j'y perds que j'aurais peutêtre été avec elle.
MARGUERITE
Et votre bonne amie , qu'est - ce qu'elle serait devenue pendant ce temps-là ?
CLÉMENT
Ce n'est plus ma bonne amie à présent. Le portier m'a fait une observation : « Qu'est-ce que vous allez faire, qu'il m'a dit? épouser une femme qui a quatre ans de plus que vous ! Vous ne savez donc pas qu'une femme qui a quatre ans de plus que son mari , c'est comme si elle avait huit ans de plus? Les femmes sont toujours plus vieilles que les hommes. Si elle a huit ans de plus que vous , vous avez huit ans de moins qu'elle ; c'est une différence de seize ans entre vous deux , c'est trop. »
MARGUERITE
Quel diable de calcul me faites-vous là ?