SCÈNE I. i
CLÉMENT
Il suffit que je le comprenne ; d'ailleurs mon idée à présent est pour les cuisinières , pour les jolies petites cuisinières.
( Il la prend ,à bras le corps. ) MARGUERITE, se débarrassant.
Oui , et mamzelle Suzanne vient de me dire que vous avie'z demandé à Madame la permission de vous marier.
CLÉMENT
Tiens , vous êtes bonne ! c'était pour l'empêcher de me faire des sermons. Un homme qui pense à se marier, il n'y a pas besoin de lui prêcher la morale. Elle part tranquille du moins , la chère dame. ( il rit. ) D'avoir cet appartement à nous seuls pendant deux mois, je ne sais pas , mais ça me paraît bien gentil ! Et à vous ? ( il rit plus fort. ) Madame, qui a tant peur que nous ne laissions les vers manger ses matelas, il y aurait un bon moyen ; ce serait de faire son lit tous les jours... D'un autre côté, vous me direz : Faire un lit qui n'a pas été
défait... ( Il l'entraîne avec lui sur le canapé. ) Ah ! la petite
Marguerite !
MARGUERITE , prenant l'air sérieux.
Assez de ces plaisanteries-là , monsieur Clément ;
i86 LE VOYAGE.
entendez-vous ? C'est bon pour un moment ; mais n'faut pas que ça recommence.
CLÉMENT
D'être maîtres ici, comment, ça ne vous remue pas plus que ça , vous ? C'est drôle. Moi , ça me remue , ça me remue d'une manière tout - à - fait extraordinaire... c'est-à-dire... •
(On entend le bruit d'un fouet de poste. ) MARGUERITE, qui a couru à la croisée.
Vlà de quoi vous remuer bien autrement. Dieu me pardonne , c'est la calèche qui revient. Allez donc voir.
CLÉMENT
A l'autre, à présent.
( Il sort précipitamment.) MARGUERITE, seule.
Est-ce que Madame aurait assez de son voyage ? Elle en serait bien capable,
( Jéricho entre. ) JÉRICHO.
Que les femmes sont ennuyeuses !
MARGUERITE , lui faisant la révérence.
Je vous suis obligée , Monsieur.
JÉRICHO
Mettons que j'ai dit les vieilles femmes ; ça ne