‹ Proverbes dramatiques (volume 5)Chapitre 112 sur 232 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

quelque chose. (Elle appelle plus ton.) Joséphine ! Ne

vous impatientez pas , Monsieur, je reviens tout de suite.

(Elle sort.) M. FLAMET , se versant de l'eau.

J'ai Une Soif de tOUt les diables. (A Jéricho qui entre.)

Eh bien ! mon pauvre Jéricho.

JÉRICHO

C'était pour avoir son nécessaire , parce que la voilà qui refait toute sa toilette.

M. FLAMET

Mangez , mangez , pendant que votre soupe est encore chaude.

JÉRICHO , tout en mangeant.

On ne peut pas s'empêcher de rire. Elle est làhaut tout comme elle serait dans sa chambre à Paris, en peignoir, auprès de sa cheminée, et mademoiselle Suzanne qui lui arrange ses cheveux.

L'HOTESSE, apportant du vin.

Vous avez attendu , Monsieur ; mais il n'y a pas de la faute de ma fille. Madame lui avait fait dire de tout quitter pour lui aller acheter un lacet ; il y a loin ; nous sommes à l'extrémité de l'a ville. Pourvu qu'elle en trouve seulement. ( Elle va pour déboucher la bouteille; ou entend sonner avec violence.) Allons ! encore ! (donnant le tire-bouchon à Jéricho. ) Tenez, Mon-

sieur, voulez-vous bien vous charger de cela ? je vais voir ce que veut Madame.

JÉRICHO, débouchant la bouteille.

Est-ce que ce n'est pas terrible , Monsieur ?

M. FLA.MET

Je sais aussi bien que vous ce qui est terrible ; ainsi ne m'impatientez pas davantage. Mangez.

JÉRICHO , après un moment de silence.

J'ai été bien étonné quand j'ai vu Monsieur sur le devant de la voiture. C'est donc que Monsieur s'y trouve plus à son aise.

M. FLA.MET

Mangez , Jéricho. Pour Dieu , taisez - vous. Je vous fais grâce de vos questions.

JÉRICHO, reculant son siège d'un air chagrin.

Je n'ai plus faim ; Monsieur me parle comme si je voulais lui faire de la peine. Il est tout simple que je m'intéresse à Monsieur.

M. FLAMET

Vous devez bien penser que sur un siège étroit , où je ne puis m 'appuyer d'aucun côté de peur de casser les glaces , je suis moins à mon aise que dans le fond qui est large et bien garni. Mais quand on voit une figure qui est prête à rendre l'ame , et que cette figure vous dit que c'est parce

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