SCENE IL
qu'elle va en arrière, que voulez-vous qu'on fasse?
JÉRICHO
On lui laisse rendre l'ame. Pourquoi n'a-t-elle pas voulu se mettre à côté de moi ? elle aurait été en avant. Une péronnelle comme ça déranger un maître ! Si elle était jeune et jolie encore, je comprendrais ; mais à son âge , faire la délicate ! Je parierais que c'est sa maîtresse qui lui apprend ces façons-là.
M. FLAMET, souriant.
Quelle sottise ! sa maîtresse qui lui apprendrait à devenir jaune comme un coing.
JÉRICHO
Mon Dieu ! Monsieur, les vieilles femmes ont des recettes pour tout.
M. FLAMET, buvant.
L'hôtesse ne nous a pas trompés ; son vin est assez bon.
JÉRICHO
C'est ce que je voulais dire à Monsieur.
M. FLAMET
Puisque vous avez fini, Jéricho, voyez donc un peu là-haut, sans faire semblant de rien.
JÉRICHO, se levant.
Elle doit être prête maintenant, il faut espérer.
( L'hôtesse entre. )
l'hôtesse.
Monsieur, Madame vous donne eneore un petit quart d'heure.
Me donne ! mais je n'en ai pas besoin ; nous avons déjeuné. J'allais lui faire demander au contraire si elle voulait qu'on mît les chevaux. l'hôtesse.
Pas encore. Elle est presque en chemise ; il lui faut le temps de s'habiller. Si Monsieur le désire , je puis lui faire ouvrir notre petit jardin ; il s'amusera, en attendant, à cueillir un bouquet pour Madame. La semaine dernière, j'ai reçu ici un jeune monsieur qui était venu de Paris , pour voir le parc, avec une bien jolie personne , ma foi ! Ils ont fait beaucoup de dépense , qu'ils ont payée rectà, et ne demandaient-ils pas encore ce qu'ils me devaient pour quelques fleurs qu'ils emportaient. « Ah! j'ai dit, pour le coup, ce serait trop fort. » Mais c'est égal ; le monsieur a donné je ne sais combien à ma fille. Les personnes généreuses trouvent toujours moyen d'être généreuses. A propos de ça , j'ai de bien bonne eau - de - vie de Cognac.
M. FLAMET
Le cœur vous en dit-il , Jéricho ?