‹ Proverbes dramatiques (volume 5)Chapitre 119 sur 232 · SCENE III. ai · texte numérisé non relu

SCENE III. ai

LA LIMONADIÈRE

Les rouliers, les rouliers ne boivent pas plus que d'autres, Madame.

M. FLAMET, à la limonadière.

Madame, faites-moi le plaisir, je vous prie, de vous occuper du déjeuner.

MADAME DEMBRTJN.

t)e quoi vous mêlez- vous ? J'ai mon café, un café particulier qu'on prépare tout exprès pour moi chez Piébot ; c'est le seul dont je sois sûre. Suzanne a un filtre dans son sac, elle va le faire elle-même ; ainsi Madame n'a absolument qu'à lui indiquer où elle trouvera ce qui lui est nécessaire. La limonadière.

Il y a sept ans que je tiens cet établissement , je puis bien dire que c'est la première fois que pareille chose m'arrive.

MADAME DEMBRUN.

Il ne faut pas prendre cela en mauvaise part , ma chère dame ; mon café est la seule manie que j'aie. C'est peut-être tout ce que je prendrai de la journée ; vous concevez que je doive tenir à ce qu'il soit bon.

M. FLAMET

Si c'est ainsi , mademoiselle Suzanne, faites donc le café tout de suite.

SUZANNE

Je ne sais pas où aller.

LA LIMONADIÈRE, ouvrant une petite porte.

Entrez là-dedans, Mademoiselle.

( Elle sort avec Suzanne. ) MADAME DEMBRUN.

A-t-on idée d'une mégère comme celle-là ? Sans vous , vraiment , je n'aurais pas osé rester chez elle. A mesure qu'on s'éloigne de Paris, comme les gens deviennent grossiers ! Ordinairement ces êtreslà sont flattés quand on leur parle. Je le sais si bien que je leur en donne toujours le plaisir; le moindre mot les satisfait; mais avec une pareille harpie, il n'y a pas moyen. N'êtes -vous pas de mon avis ? Répondez-moi donc quelque chose. Vous ne prenez pas garde que c'est toujours moi qui fais les frais de la conversation.

M. FLAMET

Que puis -je faire de mieux que de vous écouter?

MADAME DEMBRUN.

C'est bien là une réponse dans le genre de celles que me faisait mon mari. En général, c'est étonnant combien vous avez de rapports ensemble. Je ne vous ai jamais parlé de lui, je crois? Oh ! non, je ne vous en ai jamais parlé ; je n'aime

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