‹ Proverbes dramatiques (volume 5)Chapitre 123 sur 232 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

ficeler les ressorts. Le maréchal qui est là le dit bien aussi.

M. FLAMET

Le maréchal doit dire cela.

MADAME DEMBRUN.

De grâce, monsieur Flamet, ne nous laissez pas seules; votre domestique suffit pour cela. Estce que vous vous connaissez en ressorts ?

M. FLAMET

C'est pour votre sûreté plus que pour la mienne. Au surplus, je reviens tout de suite.

(Il sort ayec Jéricho.) MADAME DEMBRUN.

Le voilà parti! Qu'en dites-vous, Suzanne?

SUZANNE

Ne m'en parlez pas, Madame, c'est une horreur. Il voit l'état dans lequel est Madame , et il la quitte pour ménager quelques médians bouts de ficelle.

MADAME DEMBRUN.

Il ne lui manquait plus que d'être avare.

SUZANNE

Madame se rappelle-t-elle qu'elle était presque au moment de se fâcher contre moi tout à l'heure sur la route? Me trompais-je?

Je suis si indulgente!

SUZANNE

J'ai beau n'avoir jamais été mariée, je me connais en hommes peut-être mieux que celles qui l'ont été toute leur vie. D'abord, je les déteste, et ça n'est pas d'hier. Je les ai toujours vus malhonnêtes, grossiers et méprisans. 11 faut être jeune pour plaire à ces messieurs, sans cela on n'est rien. Je sais bien pourquoi; les jeunes filles sont si niaises, on leur fait accroire tout ce qu'on veut.

( Un roulier entre. ) LE ROULIER , un peu ivre.

Oh ! eh ! la maison.

LA LIMONADIÈRE , accourant.

Ah! c'est vous, maître Aubry. Qu'êtes-vous donc devenu depuis un siècle?

Le ROULIER , se grattant l'oreille.

Dame , maman Gilbert , c'est vrai ; je vous ai fait faux bond, (il rit.) Est-ce qu'on ne s'embrasse pas aujourd'hui ?

( Il l'embrasse. ) LA LIMONADIÈRE.

Je ne connais pas de plus grand embrasseur que vous.

LE ROULIER

Ma femme ne dit pas de même. (Prenant une bouteille de vin sur le comptoir.) C'est-il toujours VOtre petit

vin ?

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