SCÈNE IV
genoux ; c'est tout au plus si on l'endurerait d'une véritable dame.
M. FLAMET
Ne sont-ce pas elles qui descendent?
JÉRICHO
Oh ! mon Dieu, oui. Je les reconnaîtrais à présent de cent lieues.
( Madame Dembruu et Suzanne.) MADAME DEMBRUN , de l'air le plus gai.
Monsieur Flamet, vous n'avez pas vu par hasard une grosse fille rousse qui sert dans cette maison? La drôle de créature ! Elle nous a bien diverties, Suzanne et moi. N'est-ce pas, Suzanne? Quatre, cinq, six amoureux à la fois ne lui paraissent qu'une bagatelle. ( Elle rii.) Que vous êtes sérieux! Vous ne riez donc jamais? C'est ce que je disais à Suzanne ; nous ne vous avons jamais vu rire. J'ai tout oublié , je vous ai pardonné la scène d'Épernon , que voulez-vous de plus? Certainement , avec un autre homme , le roulier et la limonadière ne s'en seraient pas tirés comme cela; mais vous n'avez pas de caractère , ce n'est pas votre faute.
M. FLAMET
Peut-on faire mettre les chevaux?
MADAME DEMBRUN.
Non.
23a LE VOYAGE.
M. FLAMET
Comment! non.
Non, monsieur Flamet. Jusqu'ici je crois bien avoir fait tout ce que vous avez voulu ; certainement je vous défie de m'adresser aucun reproche ; mais je vous déclare que rien ne pourrait me décider à risquer un orage au milieu d'une grand' route .
M. FLAMET
Où voyez-vous de l'orage?
MADAME DEMBRUN.
Suzanne , répétez un peu ce que vous avez entendu dire au postillon.
SUZANNE
Oui f il a parlé d'orage.
MADAME DEMBRUN.
Vous voyez bien ; ces gens-là qui sont toujours par voies et par chemins s'y connaissent mieux que personne ; et la grosse servante que j'ai consultée m'a bien dit aussi: « Madame, dans la saison où nous sommes on ne peut répondre de rien. »
M. FLAMET
Et là-dessus nous allons passer la nuit à Chartres?
MADAME DEMBRUN.
A Chartres ou ailleurs je vous avouerai que ça