SCENE IV. a
MADAME DEMBRUN.
Pureté trompeuse. Pourquoi ce postillon , pourquoi cette servante, auraient-ils dit ce qu'ils ont dit?
M. FLAMKT. „
Pour vous faire rester dans leur auberge.
MADAME DEMBRUN , riant aux éclats.
Est-ce que les postillons ont des auberges? C'est l'intérêt que ces braves gens ont pris à moi qui les a fait parler, n'en doutez pas. Je vous dis que j'ai un talisman; vous ne voulez pas le croire. ( Faisant l'agréable. ) Mais vous en profiterez malgré vous ; oui , monsieur Flamet , malgré vous, malgré vous. Suzanne, voyez donc si la grosse servante est occupée; je ne serais pas fâchée de savoir si ce que je lui ai donné pour son mal de gorge lui a fait du bien.
( Elle sort avec Suzanne. ) M. FLAMET, ne pouvant plus se contenir.
Ne me parlez pas, Jéricho, ne me dites rien,
je VOUS le défends. ( Il se promène à grands pas. ) C'est à
se jeter par la fenêtre ! Voir de l'orage du temps qu'il fait. Et toujours triomphante, toujours la raison de son côté. Ah ! sans le respect humain quel plaisir on aurait à envoyer une pareille compagne à tous les diables !
a36 LE VOYAGE.
JERICHO , ayant l'air de se parler à lui-même.
J'y pensais.
M. FLAMET
Qui est-ce qui n'y penserait pas ? Mais elle connaît tout le monde, elle est très-répandue, elle a une espèce de réputation d'agrément fondée sur je ne sais quoi; on l'a prise comme cela, et l'homme de qui elle se plaindrait serait un homme à pendre.
Comme en faisant tout ce que vous faites on n'est pas sûr qu'elle ne se plaindra pas
M. FLAMET
Avez -vous un moyen de m'en débarrasser ?
JÉRICHO
Je ne sais pas si c'est un moyen de maître ; mais moi je n'en ferais ni une ni deux. A la première couchée je déménagerais bien gentiment tout son petit butin, je le donnerais à serrer à la maîtresse de l'auberge ; et au point du jour , pendant qu'elle dormirait encore, je demanderais les chevaux , et fouette , postillon.
M. FLAMET
O ciel !
JÉRICHO
Dame, Monsieur, c'est ce que je ferais; après