SCÈNE IV
ça je n'ai pas de conseils à donner à Monsieur.
( Il se met à la fenêtre. ) M. FLA.MET, se parlant à lui-même.
Ce n'est pas l'embarras, je serai peut-être obligé d'en venir là. Je ne prévois pas que cela puisse finir autrement. Ma réputation n'est pas celle d'un tigre; on ne pourra pas croire que j'ai tous les torts. Mais quel ennui que d'être forcé , pour me disculper, de faire une relation de mon voyage ! d'autant qu'elle aura un grand avantage sur moi ; elle fera des grimaces , des lamentations , et puis elle mentira.
JÉRICHO , parlant par la fenêtre.
Eh! bonjour, Antoine.
M. FLAMET
A qui dites-vous bonjour ?
JÉRICHO
Monsieur, c'est au cocher de M. Sénés.
M. FLAMET
Ah ! ah ! faites-lui donc signe de venir. ( Jéricho obéit. ) En effet la campagne de M. Sénés ne doit pas être loin d'ici. ( Antoine entre. ) Bonjour , mon garçon. Comment se portent votre maître et votre maîtresse ?
ANTOINE
Monsieur leur fait beaucoup d'honneur ; ils se portent bien.
M. FLAMET
Est-ce qu'ils sont à Chartres dans ce moment-ci?
ANTOINE
Non , Monsieur. C'est moi qui suis venu ce matin pour conduire à la diligence de Paris M. et madame Gérard, que Monsieur doit connaître, et qui ont passé quinze jours à la maison. Je vais m'en retourner à présent avec la voiture.
M. FLAMET
A vide ?
ANTOINE
J'ai un pain de sucre et dix livres de riz.
A quelle distance êtes-vous ?
ANTOINE
On ne compte guère plus d'une lieue ; et comme c'est sur la grand' route, c'est comme rien. Mais Monsieur a une habitude ; mes chevaux ne feraient que deux pas, il veut toujours qu'on les laisse reposer.
M. FLAMET
Ainsi c'est sur la grand' route même?
ANTOINE
Si bien sur la grand' route , que de la grille quelqu'un qui serait dans la diligence , on pourrait lui donner la main. Si Monsieur remonte du côté de Châteaudun , il n'aura qu'à regarder sur